Shar-pei : caractère, santé, plis de peau et prix

Introduction

🐕 Un regard renfrogné, une peau qui semble trois fois trop grande et une langue bleu-noir : le Shar-pei ne ressemble à aucun autre chien !

Ce chien chinois très ancien a été chien de garde, de chasse et de combat. Aujourd’hui, c’est un compagnon calme, indépendant et fidèle à sa famille, mais réservé avec les inconnus.

Sa peau plissée fait son charme … et sa fragilité. Les plis, les yeux et les oreilles demandent une attention de tous les jours, et la race a connu des maladies héréditaires bien à elle.

Cette fiche ne cherche ni à vous décourager, ni à vous vendre un rêve. Elle vous aide à décider en connaissance de cause, et à bien vivre avec lui si vous l’accueillez.

Dans cet article, découvrons ensemble :

  • 📜 son histoire, de la Chine à Hong Kong puis à l’Occident, et le standard de la Fédération cynologique internationale (FCI, qui fixe les standards des races) ;
  • 📏 sa taille, son poids, ses couleurs et ce que disent les sources des types « viande » et « ours » ;
  • 💓 son caractère : réserve, instinct de garde, sociabilisation et éducation douce ;
  • 🩺 sa santé : plis de peau, entropion (paupières qui se retournent), oreilles étroites, mucinose, allergies et fièvre du Shar-pei ;
  • ☀️ la chaleur, la respiration et les gestes qui protègent ;
  • 💶 le choix d’un éleveur, le prix d’un chiot, le budget réel et le statut en France.

💡 Une précision d’emblée : nos chiffres sont datés (novembre 2026), nous signalons quand les sources divergent, et rien ne remplace l’avis de votre vétérinaire. À notre connaissance, il n’existe pas d’étude française chiffrée sur la santé de la race : les grandes études viennent du Royaume-Uni, et nous le disons là où cela compte.

Fiche d’identité du Shar-pei

À retenir Le Shar-pei en un coup d’œil
Nom de la race « Shar Pei » pour la FCI, « Shar-Peï » pour le club de race français : c’est la même race. Le nom chinois signifie « peau de sable », à cause de son poil rude
Origine et classement Chine ; groupe 2 de la FCI (pinschers, schnauzers, molossoïdes, chiens de montagne et de bouvier suisses), section 2.1 (molossoïdes de type dogue), standard n° 309 ; accepté à titre définitif par la FCI le 30 juin 1981 ; sans épreuve de travail
Fonction d’origine « Chien de chasse et de garde » d’après le standard ; aussi chien de combat dans son histoire
Taille Hauteur au garrot (à l’épaule) : 44 à 51 cm d’après le standard de la FCI ; 46 à 51 cm pour le Kennel Club britannique
Poids Le standard n’en donne aucun ; environ 20 à 27 kg selon la PDSA (grande association vétérinaire britannique), 22,3 kg en moyenne chez les adultes d’une étude britannique (partie 2)
Poil et robes Poil court, dur et hérissé (1 à 2,5 cm), sans sous-poil ; toutes les couleurs unies sauf le blanc
Espérance de vie 10,6 ans de médiane (entre 10,3 et 10,9) dans le tableau 2024 du Dogs Trust, une association britannique ; « plus de 10 ans » pour le Kennel Club et la PDSA ; 8 à 12 ans pour d’autres pages (partie 6)
Tempérament en trois mots Calme, indépendant, fidèle, avec un naturel réservé envers les inconnus
Exercice Environ 1 heure par jour, en plusieurs sorties, aux heures fraîches l’été (partie 5)
Convient à Des maîtres expérimentés, présents et patients, prêts à surveiller les plis, les yeux et les oreilles, sans très jeunes enfants ni petits animaux à la maison
Ne convient pas à Un premier chien sans accompagnement, des absences de plus de 4 heures, ceux qui veulent un chien qui accueille tout le monde, ou un budget santé très serré
Entretien Brossage hebdomadaire ; plis de peau à nettoyer et à sécher ; yeux et oreilles à surveiller
Santé à surveiller Plis de peau (dermatite), yeux (entropion), oreilles (otites), allergies, fièvre du Shar-pei et reins, chaleur
Prix d’un chiot Le plus souvent 1 100 à 1 600 € pour un chiot inscrit au Livre des origines français (LOF), 1 600 à 2 000 € et plus pour certaines lignées (novembre 2026)
Budget annuel Environ 970 à 1 700 € par an hors achat et hors assurance (notre estimation), sans les frais de santé que la race rend probables (partie 10)
Statut en France Ni catégorie 1 ni catégorie 2 : aucun permis de détention

Chiffres relevés en novembre 2026 ; les sources sont en fin d’article.

1. Histoire et origines du Shar-pei

Une race chinoise très ancienne

Le standard de la FCI décrit une race connue depuis des siècles le long du littoral sud de la mer de Chine. Il la dit originaire de la ville de Dialak, dans la province de Kwun Tung (Guangdong). Les noms de lieux varient d’une page à l’autre : l’encyclopédie Britannica parle d’un village de Tai Li, dans le même Guangdong.

Sur l’âge, les pages lues sont plus audacieuses que prudentes :

  • 🏺 un article de la revue américaine Show Sight (Dr Jeff Vidt, 2017) le rattache au « chien de combat chinois », peut-être dès la dynastie Han (206 av. J.-C. à 220 apr. J.-C.), avec des figurines funéraires pour indices ;
  • 📅 Britannica parle d’une naissance vers 200 av. J.-C., le Kennel Club d’environ 2 000 ans ;
  • 🔍 aucune de ces pages ne détaille de preuve génétique : gardez ces dates comme des ordres de grandeur.

Garde, chasse … et combat

Les paysans chinois l’employaient pour garder, chasser, surveiller le troupeau, et aussi dans les combats de chiens. Ce passé explique son physique : d’après le Kennel Club et Britannica, la peau lâche et le poil rêche rendaient le chien difficile à saisir, et protégeaient mieux ses organes. Son nom, « peau de sable », décrit ce poil dur.

Presque disparu, puis sauvé depuis Hong Kong

Au XXe siècle, la race a failli disparaître. Les récits concordent sur l’essentiel :

  • ⚠️ le régime communiste chinois a taxé puis éliminé les chiens jugés inutiles (Britannica, Show Sight, Kennel Club) ; le club suédois de la race écrit qu’au début des années 1960, il n’en restait que quelques-uns ;
  • 🇭🇰 Hong Kong a servi de refuge, et des éleveurs y ont gardé les meilleurs sujets ;
  • 📣 en 1973, l’éleveur Matgo Law, de Hong Kong, lance un appel aux Américains pour sauver la race ; des chiens inscrits à Hong Kong étaient déjà exportés en 1966 ;
  • 🇺🇸 un club américain est fondé en 1974 et la race est reconnue par l’American Kennel Club (association canine américaine) en 1992 ;
  • 🇪🇺 elle arrive en Suède dans les années 1980 ; la FCI l’a acceptée à titre définitif le 30 juin 1981.

Nous n’avons pas trouvé de récit précis de l’arrivée de la race en France. Elle y est suivie par le Shar-Peï Club de France, club de race affilié à la Société centrale canine (SCC), qui tient le registre des chiens de race.

Du chien ancestral au chien « très plissé »

C’est le point clé de toute la fiche. Deux publications vétérinaires françaises le disent :

  • 🧬 le Dr Pascal Prélaud, dermatologue vétérinaire (2018), rapporte que le Shar-pei d’origine n’avait ni face bouffie ni plis à l’âge adulte, et que le type plissé a été sélectionné dès les années 1970 aux États-Unis, à partir de peu de reproducteurs, en gardant les chiens les plus plissés ;
  • 🧬 Catherine Laffort (Le Point Vétérinaire, 2011) écrit que les éleveurs occidentaux ont délaissé le type chinois ancestral pour un type plus ridé. Les plis viennent d’un excès de mucine (acide hyaluronique) dans la peau, lié à des duplications d’ADN près du gène HAS2. Plus un chien en porte de copies, plus les plis sont marqués.

Les auteurs britanniques d’une grande étude de 2023 parlent de la variété américaine « meat mouth » (littéralement « gueule de viande »), plus plissée et plus lourde, devenue plus courante que le type d’origine, dit « bone mouth ». Nous y revenons en partie 2. Ce qu’il faut retenir : les plis qui font le charme de la race sont aussi, en partie, la cause de ses problèmes de santé.

2. Taille, poids et couleurs du Shar-pei

Ce que dit le standard

Le standard de la FCI (n° 309, version française du 9 août 1999) décrit un « chien de taille moyenne, actif, compact, au rein court, inscriptible dans un carré ». Concrètement :

  • 📏 hauteur au garrot : 44 à 51 cm (le Kennel Club britannique donne 46 à 51 cm) ; les mâles sont plus grands et plus puissants que les femelles ;
  • ⚖️ aucun poids n’est fixé, ni par la FCI ni par le Kennel Club ;
  • 🧶 poil court, dur et hérissé : « La longueur du poil peut varier de 1 à 2,5 cm. » Il n’y a pas de sous-poil, et le poil n’est jamais toiletté ;
  • 🎨 « Toutes les couleurs unies sont acceptées sauf le blanc. »

Le poids, dans la vraie vie

Faute de poids dans le standard, les pages donnent des fourchettes proches mais pas identiques :

Source Poids annoncé
PDSA (association vétérinaire britannique) 20 à 27 kg
Britannica (encyclopédie) 20 à 27 kg (45 à 60 livres)
Pages d’information sur la race (2025 et 2026) 18 à 25 kg pour plusieurs pages, 20,4 à 27,2 kg pour une autre ; une fiche donne aussi 16 à 20 kg dans son texte, ce qui la contredit
Étude britannique de 2023 (1 913 Shar-pei) 22,3 kg chez l’adulte : 23,5 kg pour les mâles, 20,8 kg pour les femelles

Retenez 20 à 27 kg, les femelles étant plus légères. Un Shar-pei trop gras souffre plus de la chaleur et du dos : le poids est un vrai sujet de santé (partie 7).

Les couleurs

Le standard accepte toutes les couleurs unies sauf le blanc. La queue et l’arrière des cuisses peuvent être plus clairs, et une teinte plus sombre le long du dos et sur les oreilles est tolérée. Il parle aussi de chiens « à robe diluée » (iris plus clair toléré, langue de couleur lavande) : ces robes existent donc officiellement.

En revanche, les robes non unies (bringé, taches, noir et feu, marque en selle) et les albinos sont éliminatoires en exposition. La couleur n’est jamais un gage de santé : méfiez-vous d’une couleur vendue comme « rare » à un prix plus élevé.

« Horse coat », « brush coat », « bear coat », « meat mouth » : que disent les sources ?

En lisant des annonces, vous croiserez des mots anglais pour désigner des « types ». Ce ne sont pas des termes officiels du standard français, mais voici ce que les pages lues en disent :

Mot rencontré Ce que disent les sources
« Horse coat » (poil de cheval) Poil très ras, 1 cm au plus ; chien plus athlétique, à la tête parfois plus allongée (club suédois de la race). Aux États-Unis, ce nom désigne la lignée proche du type d’origine (Show Sight)
« Brush coat » (poil de brosse) Poil jusqu’à 2,5 cm, chien plus compact et plus lourd ; le plus courant en Suède (club suédois)
« Bear coat » (poil d’ours) Poil de plus de 2,5 cm : le standard de la FCI classe un poil dépassant 2,5 cm parmi les défauts graves, le club suédois le dit aussi. Rien, dans ces pages, ne le rend plus précieux
« Meat mouth » (gueule de viande) Variété américaine plus plissée et plus lourde, devenue plus courante que le type d’origine. Les auteurs de l’étude britannique de 2023 jugent sa sélection préoccupante
« Bone mouth » (gueule d’os) Le type d’origine, moins plissé (même étude)

Le message à retenir : ces étiquettes ne remplacent pas l’examen du chien. Le standard décrit un adulte aux plis limités (front, joues, garrot, base de la queue) et aux yeux dégagés ; c’est ce critère qui compte, pas un mot d’annonce (partie 10).

Les races qu’on confond

Avec son museau large et ses plis, on le rapproche du Chow Chow, seule autre race à la langue bleu-noir. Sont-elles cousines ? Le Kennel Club écrit qu’elles partagent probablement une partie de leur ascendance ; Britannica dit qu’on l’ignore. Le Carlin (autre race chinoise aux plis du visage) et le Dogue de Bordeaux (peau ample, mais bien plus grand) sont aussi parfois confondus avec lui.

3. Caractéristiques physiques du Shar-pei

Le Shar-pei est un chien compact, solide, au dos court. Selon le standard de la FCI, quatre signes lui donnent son aspect unique : les rides, les plis au garrot, les petites oreilles et le museau.

Un Shar-pei crème couché dans l'herbe, face à l'objectif, gueule ouverte, avec ses rides au front et aux joues, son large museau et ses petites oreilles

Rides sur le front et les joues, petites oreilles, large museau : les signes qui font reconnaître un Shar-pei.

La tête

  • 🐾 Museau large de la base jusqu’au bout, sans s’amincir, avec des lèvres et un dessus de museau épais : c’est le trait le plus caractéristique de la race. Britannica le compare à celui d’un hippopotame ;
  • 👃 truffe grande et large, de préférence noire, aux narines largement ouvertes ;
  • 👁️ yeux foncés, en amande, à l’expression renfrognée. Le standard ajoute : « Pas d’entropion. » (nous y revenons en partie 6) ;
  • 👂 oreilles très petites, plutôt épaisses, en triangle équilatéral, attachées haut et rabattues contre le crâne ;
  • 👅 langue, palais et gencives bleu-noir de préférence. Une langue entièrement rose est très indésirable pour le standard ;
  • 🧓 les rides du front et des joues forment un fanon, une petite poche de peau sous la mâchoire.

Le corps et la queue

Le dos est court et solide, le rein court et large, la poitrine large et bien descendue. La queue est attachée très haut, épaisse à la racine et fine à la pointe ; elle se porte haute et enroulée, ou recourbée sur le dos. L’allure préférée est le trot, libre et équilibré. Les pieds sont compacts, sans ergots.

La peau et les plis

C’est ce qui rend la race célèbre, et c’est là que les sources sont les plus nettes :

  • 📋 le standard de la FCI demande, chez l’adulte, des plis de taille moyenne au garrot et à la base de la queue seulement ; les plis du corps sont très indésirables ailleurs, et la peau lâche sous le cou ne doit pas être excessive ;
  • 📋 le Kennel Club juge lui aussi la peau excessive à maturité très indésirable. Il exige que les plis, la peau ou les poils ne gênent jamais le fonctionnement de l’œil ;
  • 👶 chez le chiot, les plis sont normaux et très nombreux. Britannica écrit que la plupart disparaissent en grandissant, sauf sur le visage et les épaules ; le Dr Prélaud note qu’ils persistent souvent à l’âge adulte (face, membres, base de la queue). Un chiot très plissé n’est donc pas forcément un adulte « qui se déplisse » ;
  • 🧱 le poil dur frotte la peau des plis. Selon Science for Animal Welfare (ex-UFAW, une base de données sur les problèmes de bien-être des races), ce frottement, avec la mucine de la peau et les sécrétions, favorise l’irritation et l’infection (partie 6).

Dernier point du standard, important pour l’achat : toute modification artificielle, notamment des lèvres et des paupières, entraîne l’élimination en exposition.

4. Tempérament et éducation du Shar-pei

Ce que dit le standard

Le standard de la FCI résume le caractère en une phrase : « Calme, indépendant, fidèle, affectueux envers les membres de sa famille. » Il écarte en revanche les chiens agressifs ou peureux. Le Kennel Club dit la même chose (calme, indépendant, très affectueux et dévoué à ses humains), et l’American Kennel Club décrit un chien fidèle à sa famille mais distant avec les inconnus.

Un Shar-pei gris couché sur une pelouse, le regard attentif tourné vers l'objectif, avec une laisse rose et une balle colorée devant les pattes

Calme, attentif et un peu réservé : le Shar-pei est fidèle aux siens et plus distant avec les inconnus.

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Réservé, protecteur, indépendant

Les pages lues dessinent le même portrait :

  • 🛡️ la PDSA le décrit loyal, calme et protecteur, qui observe avant d’agir ; son instinct de garde le rend parfois méfiant envers les inconnus, d’où l’importance de la sociabilisation ;
  • 🧐 elle le juge intelligent mais indépendant et parfois têtu, plus adapté à un maître expérimenté ; d’autres pages le classent « expérience requise » pour un débutant ;
  • 🧤 le club suédois de la race note que sa réserve naturelle rend parfois l’examen difficile : habituez-le très tôt à être manipulé.

Cette réserve n’est pas de l’agressivité. Un Shar-pei équilibré ne se jette pas sur le premier visiteur : il observe, puis décide. À vous de lui laisser ce temps.

Agressivité : ce que dit l’étude britannique

Dans l’étude de 2023 du Royal Veterinary College (RVC, école vétérinaire britannique), qui suit 1 913 Shar-pei dans des cliniques en 2013 :

  • 📊 5,23 % des Shar-pei ont reçu un diagnostic d’agressivité dans l’année, contre 2,24 % pour l’ensemble des chiens suivis avec une méthode proche ;
  • ♂️ l’écart entre les sexes est net : 7,97 % des mâles contre 2,36 % des femelles ;
  • 🦷 les morsures sont notées chez 3,97 % des chiens ;
  • 🧩 les auteurs rappellent que l’agressivité est un comportement complexe (gènes, hormones, environnement), dont la vraie cause reste souvent inconnue, et que la douleur chronique peut abaisser le seuil de réaction.

Ce sont des diagnostics posés en clinique, pas une mesure du caractère de chaque chien, mais ils invitent à deux réflexes : sociabiliser tôt et chercher une douleur (peau, oreilles, yeux) quand un chien devient irritable. Les troubles du comportement figurent aussi parmi les trois premières causes de décès connues (11 % des 136 décès dont la cause est connue, petit échantillon) : demandez de l’aide à un éducateur ou un comportementaliste dès les premiers signes.

L’éducation, en douceur

Certaines fiches parlent d’un chien « dominant ». Nous préférons parler d’un chien sûr de lui et parfois peu tolérant avec les chiens qu’il ne connaît pas. Le guide du Chinese Shar-Pei Club of America (club de race américain) le décrit sensible et peu tolérant à la contrainte physique. Ce qui marche avec presque tous les chiens marche ici :

  • 🍪 la récompense (friandise, jeu, caresse) dès qu’il fait ce que vous demandez ;
  • ⏱️ des séances courtes et variées, pour un chien intelligent qui n’obéit pas toujours aveuglément ;
  • 📏 des règles identiques pour toute la famille, répétées calmement ;
  • 🚫 aucun outil de contrainte : ni collier étrangleur, ni collier à pointes, ni collier à choc. Avec une peau fragile et, d’après certaines pages, des voies respiratoires sensibles, ils sont d’autant plus à proscrire.

Notre guide Dresser son chien : par quoi commencer donne les bases. Si l’éducation vous dépasse, un éducateur aux méthodes positives fait gagner du temps : voir Faut-il consulter un éducateur canin ?

La sociabilisation, dès les premières semaines

Pour un chien naturellement réservé, c’est la priorité. Il ne s’agit pas de lui faire rencontrer tout le monde, mais de lui offrir de bonnes expériences, calmes et à son rythme :

  • 👥 des visiteurs différents, qui le laissent venir à eux ;
  • 🚗 des bruits, la voiture, la ville, le cabinet du vétérinaire, et des rencontres de qualité avec des chiens adultes équilibrés ;
  • 🧼 la manipulation dès le début : visage, plis, oreilles, yeux, pattes, brosse. Un chien habitué se laisse soigner, ce qui compte beaucoup avec cette race.

Retrouvez les règles dans Socialisation du chiot : 5 conseils essentiels. Ne forcez jamais un chiot effrayé : laissez-lui le temps d’observer et récompensez chaque petit pas de courage.

Le rappel et la promenade

La PDSA signale un fort instinct de chasse et conseille de le tenir en laisse hors de la maison. Entraînez le rappel avec des récompenses de grande valeur et gardez-le en longe dans les lieux non clos tant qu’il n’est pas solide. Ne punissez jamais un chien qui vient à vous, même s’il a mis longtemps : il apprendrait que revenir est désagréable. La méthode est dans Apprendre le rappel à son chien.

La solitude et les aboiements

Là-dessus, les sources vont dans le même sens :

  • ⏰ la PDSA conseille de ne jamais le laisser seul plus de 4 heures, sous peine d’anxiété de séparation ;
  • 👪 plusieurs pages le disent très proche de sa famille et peu enclin à rester seul ;
  • 📢 la PDSA ajoute qu’il n’est pas réputé pour aboyer.

Si vous êtes absent toute la journée, tous les jours, ce n’est probablement pas le bon chien. Sinon, habituez-le par petites étapes avec L’apprentissage de la solitude.

5. Activités, exercice et logement

Combien d’exercice ?

Les pages sont assez proches :

  • 🚶 la PDSA conseille au moins 1 heure par jour, idéalement en plusieurs promenades, avec des moments de liberté dans un espace sécurisé ;
  • 🏠 le Kennel Club annonce jusqu’à 1 heure ; d’autres pages classent son énergie comme modérée ;
  • ⚖️ une autre page le dit peu exigeant, mais conseille un peu d’exercice chaque jour pour éviter le surpoids, et des promenades variées tant qu’il ne fait pas trop froid ni trop humide.

Retenez environ 1 heure par jour, en plusieurs sorties calmes. Ce n’est pas un chien de course : la FCI préfère chez lui le trot, et la chaleur limite l’effort (voir plus bas).

Que faire pendant ces sorties ?

Variez les parcours, laissez-le renifler, et ajoutez de petits jeux de recherche. Nous n’avons trouvé aucune source sur le sport canin avec cette race : la chaleur et la fragilité des yeux invitent à demander l’avis de votre vétérinaire avant un sport d’effort.

Chaleur et respiration : ce que les sources disent (et ne disent pas)

Le Shar-pei n’a pas le museau écrasé d’un Bulldog, mais les sources ne s’accordent pas sur sa respiration :

  • 🧬 Genodog, la base de données génétiques de la Société centrale canine, le range parmi les races prédisposées au syndrome des brachycéphales (les chiens à museau court) ;
  • 🇬🇧 la PDSA cite le syndrome obstructif des voies respiratoires des brachycéphales (SORB, en anglais brachycephalic obstructive airway syndrome ou BOAS) parmi les problèmes de la race ;
  • 🇺🇸 le guide du club américain affirme qu’il supporte mal la chaleur et risque le coup de chaleur ;
  • ⚖️ Science for Animal Welfare écrit au contraire qu’il est touché dans une certaine mesure, mais moins souvent et moins gravement que les races au museau très court, mais sans aucune donnée sur la proportion de chiens atteints ;
  • 📋 l’étude britannique de 2023 ne place pas les troubles respiratoires parmi les groupes les plus fréquents (yeux, peau, oreilles, blessures, comportement), et la liste de vigilance du Kennel Club (Breed Watch) ne cite pas la respiration.

Un Shar-pei fauve de profil, gueule ouverte et langue sortie, assis près d'une rambarde blanche face à l'eau dans la lumière chaude du soir

Gueule ouverte au soleil du soir : par temps chaud, sortez-le tôt ou tard et emportez toujours de l’eau fraîche.

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Nous n’avons trouvé aucune étude chiffrée sur le coup de chaleur chez le Shar-pei. Par prudence, traitez-le comme un chien sensible à la chaleur :

  • 🌅 sortez-le tôt le matin et tard le soir l’été, et évitez tout effort aux heures chaudes ;
  • 💧 emportez de l’eau fraîche, cherchez l’ombre, et ne le laissez jamais dans une voiture ni dans un logement surchauffé ;
  • 🦺 préférez un harnais bien ajusté à un collier qui serre le cou : voir Quel harnais choisir pour son chien ? ;
  • ⚖️ gardez-le mince, car le surpoids aggrave l’essoufflement ;
  • 🩺 consultez si vous entendez un ronflement fort, un souffle bruyant au repos, un essoufflement rapide ou un sommeil agité.

🚨 Un halètement très intense qui ne s’apaise pas, une langue rouge vif, une bave épaisse, une démarche chancelante ou des gencives pâles ou bleutées sont une urgence : lisez Coup de chaleur chez le chien avant l’été. Pour comprendre la famille des chiens à museau court, voyez Chien brachycéphale : races, santé et conseils au quotidien.

💉 Dernier point, utile à connaître : Science for Animal Welfare rappelle que les chiens atteints du syndrome respiratoire courent un risque nettement accru lors d’une anesthésie. Prévenez votre vétérinaire de la race avant toute intervention.

Froid et pluie

Le standard décrit un poil court, sans sous-poil. Nous n’avons trouvé aucune étude sur sa sensibilité au froid, et une seule page note qu’il aime sortir quand il ne fait ni trop froid ni trop humide. Si votre chien frissonne ou refuse de sortir, un manteau peut aider.

Appartement ou maison ?

Le Kennel Club indique comme logement adapté une petite maison avec un jardin petit ou moyen, en ville comme à la campagne. Aucune page lue ne parle d’appartement, mais ce chien calme et peu bruyant (PDSA) peut y vivre à condition de sorties quotidiennes, d’un coin frais en été et d’un voisinage informé pendant les premiers mois.

6. Santé et espérance de vie du Shar-pei

C’est la partie la plus importante de cette fiche. Le Shar-pei est attachant, mais sa santé demande plus de vigilance que celle de la plupart des races, surtout pour la peau, les yeux et les oreilles. Voici ce que disent les études, ce qu’elles ne disent pas, et ce que vous pouvez faire. Rien de tout cela ne remplace l’avis de votre vétérinaire.

Ce que disent les grandes études

La référence est l’étude publiée en 2023 par le Royal Veterinary College (O’Neill et coll., revue Canine Medicine and Genetics). Elle vient de VetCompass, le programme qui analyse les dossiers de cliniques vétérinaires britanniques. Elle porte sur 1 913 Shar-pei suivis en 2013 dans 304 cliniques : 66,28 %, soit près de deux sur trois, avaient au moins un trouble diagnostiqué dans l’année.

Trouble diagnostiqué en 2013 Shar-pei touchés
Entropion (paupière qui se retourne vers l’intérieur) 17,88 %
Otite externe (infection du conduit de l’oreille) 16,36 %
Autres troubles de l’oreille 6,69 %
Agressivité 5,23 %
Infection de la peau (pyodermite) 4,29 %
Conjonctivite 4,03 %
Morsure 3,97 %
Fièvre du Shar-pei 3,03 %
Dermatite atopique (allergie de la peau) 2,98 %
Ulcère de la cornée (kératite ulcérative) 2,72 %

Un Shar-pei crème couché derrière un rebord, le regard calme tourné vers l'objectif, les yeux ouverts et dégagés, des arbres flous à l'arrière-plan

Regardez ses yeux chaque jour : chez le Shar-pei, ils doivent rester clairs, ouverts et sans écoulement.

Par grands groupes, les écarts avec l’ensemble des chiens suivis (méthode proche) sont nets :

  • 👁️ yeux : 22,27 % des Shar-pei, contre 7,02 % pour l’ensemble des chiens ;
  • 🧴 peau : 21,01 %, contre 12,58 % ;
  • 👂 oreilles : 18,66 %, contre 8,17 %.

Les auteurs concluent que plusieurs problèmes graves de bien-être sont liés à la morphologie extrême de la race telle qu’elle est élevée aujourd’hui. Les limites : des données de 2013, moins de 10 % des cliniques britanniques, et des troubles jugés « normaux pour la race » probablement sous-déclarés. À notre connaissance, il n’existe pas d’étude française chiffrée sur la santé de la race.

Les plis de peau : dermatite et infections

La dermatite des plis (ou intertrigo) est une irritation, puis une infection de la peau, là où deux surfaces se frottent. Science for Animal Welfare en décrit les causes chez le Shar-pei :

  • 🧱 un excès de peau, qui forme des plis où la peau frotte sur elle-même ;
  • 💧 une peau riche en mucine, plus épaisse ;
  • 🧶 des poils raides qui irritent la peau des plis, et souvent une peau grasse qui favorise bactéries et levures, avec des maladies associées (allergie, hypothyroïdie…) qui peuvent l’aggraver.

Les chiffres : la pyodermite touche 4,29 % des Shar-pei, et une étude britannique antérieure, citée par les auteurs, trouvait une dermatite des plis (0,91 % des chiens) 6,4 fois plus fréquente que chez les croisés. Le Kennel Club place dans sa liste de vigilance la dermatite des plis, la perte de poils et les cicatrices. Pour le Dr Prélaud, les plis génèrent des intertrigos difficilement curables.

Le premier signe est souvent une mauvaise odeur, puis viennent la rougeur, un écoulement, des grattages et une peau épaissie et foncée. L’impact est jugé modéré à sévère : la maladie n’est pas mortelle, mais elle provoque une irritation chronique, parfois douloureuse. Certains vétérinaires envisagent une chirurgie qui retire des plis. Le soin quotidien est expliqué en partie 8.

Les yeux : l’entropion et les autres soucis

L’entropion est une paupière qui se retourne vers l’intérieur : les poils frottent la cornée, la surface transparente de l’œil, ce qui est douloureux. Les auteurs de l’étude de 2023 en attribuent l’essentiel aux plis du front et à l’abondance de tissu sous la peau de la tête. Les chiffres :

  • 📊 17,88 % des Shar-pei en 2013, soit près d’un sur cinq chaque année ;
  • 📊 dans une seconde étude de VetCompass (O’Neill et coll., PLOS ONE, 2025), sur plus de 2,2 millions de chiens suivis en 2019, le Shar-pei arrive en tête avec 15,41 %, contre 0,33 % pour l’ensemble des chiens, soit environ 92 fois plus de chances d’en souffrir que les croisés. Les auteurs rappellent que des ophtalmologistes vétérinaires américains jugent le problème particulièrement grave chez le Shar-pei et le Chow Chow ;
  • 🇸🇪 le club suédois note que des yeux enfoncés favorisent l’entropion, et que ses éleveurs préfèrent des yeux moins enfoncés.

Le standard est sans ambiguïté : l’entropion est un défaut éliminatoire. Un œil qui pleure, rougit, reste plissé ou que le chien frotte avec la patte doit être vu le jour même. Aucun collyre ni aucune lotion sans avis du vétérinaire : un mauvais produit retarde le bon traitement.

L’entropion du jeune adulte est le plus souvent héréditaire et demande une opération (guide du club américain). Chez le très jeune chiot, certains vétérinaires posent des points de suture provisoires sur les paupières (le « tacking ») : le guide du club américain en fait une urgence quand elle est nécessaire, alors que les auteurs de l’étude britannique demandent qu’on n’en fasse pas une routine. Retenez deux principes : un chien atteint d’entropion ne doit pas être reproduit, et demandez à l’éleveur si des chiots de la portée ont été opérés, et pourquoi.

Autres troubles de l’œil : conjonctivite (4,03 %), ulcère de la cornée (2,72 %) et « œil de cerise » (la glande de la troisième paupière qui sort, cité par la PDSA). Deux maladies génétiques sont aussi connues : le glaucome primaire à angle ouvert (POAG) et la luxation primaire du cristallin (PLL), liés à un variant du gène ADAMTS17. Elles sont récessives : un chien porteur peut paraître sain et transmettre. Un test ADN existe ; en 2017, le laboratoire qui l’avait mis au point pour le Kennel Club jugeait le variant très fréquent sur 43 chiens testés, et conseillait de continuer à utiliser les porteurs, après test des futurs reproducteurs, pour préserver la diversité génétique de la race.

Les oreilles étroites et les otites

Les oreilles minuscules du Shar-pei cachent un conduit étroit. Les sources vont dans le même sens :

  • 👂 le Dr Prélaud décrit une sténose (rétrécissement) du conduit, aggravée par les plis, qui peut aller jusqu’à la fermeture complète ; le club suédois relie ces conduits étroits aux infections par des levures (des champignons microscopiques) ;
  • 📊 dans l’étude britannique, 16,36 % des Shar-pei ont eu une otite externe en 2013 (et 6,69 % un autre trouble de l’oreille), soit environ 3,4 fois plus de risque que les croisés dans une étude antérieure ;
  • 🇺🇸 le guide du club américain parle d’infections chroniques à Malassezia (une levure) que l’on contrôle par un entretien régulier plutôt qu’on ne les guérit.

Signes à repérer : le chien secoue la tête, se gratte l’oreille, l’oreille sent mauvais ou coule, ou il crie quand on la touche. Allez chez le vétérinaire ; l’entretien est expliqué en partie 8.

⚠️ Deux interdits : jamais de coton-tige enfoncé dans l’oreille, qui peut repousser les saletés et blesser, et jamais de remède maison (vinaigre, huile, eau oxygénée…) sans avis vétérinaire, car un liquide peut rester coincé dans un conduit étroit. Le guide du club américain déconseille lui aussi le coton-tige et l’eau oxygénée.

Les allergies et les démangeaisons

Le Dr Prélaud décrit le Shar-pei comme un « grand atopique », c’est-à-dire prédisposé aux allergies de la peau. Les formes graves de dermatite atopique commencent avant 6 mois, avec des démangeaisons intenses et des infections, que l’on contrôle mais que l’on ne guérit pas. Dans l’étude britannique, 2,98 % des chiens avaient une dermatite atopique diagnostiquée. Le guide du club américain cite d’abord l’allergie aux éléments de l’air (pollens, acariens), puis aux piqûres de puces, au contact et à l’alimentation. Ce que vous pouvez faire :

  • 🐜 gardez un antiparasitaire à jour (voir Puces du chien : astuces pour les reconnaître, les traiter et les éviter) ;
  • 🩺 consultez dès que le chien se gratte beaucoup ou se mordille, car le grattage abîme la peau et ouvre la porte aux infections ;
  • 🥣 ne changez pas d’aliment au hasard : nous n’avons trouvé aucune étude montrant qu’une croquette protège le Shar-pei.

La mucinose : la peau qui « gonfle »

La mucinose est un dépôt anormal de mucine (surtout de l’acide hyaluronique) dans la peau. Chez le Shar-pei, elle est primaire et génétique, de la même origine que les plis. Le Dr Prélaud en décrit les formes : des plis marqués, des vésicules translucides surtout sur les membres, le cou et le garrot, dont la rupture rend le poil visqueux, et plus rarement une peau fragile qui se déchire. Le guide du club américain juge la forme cutanée simple sans traitement nécessaire et sans gêne en soi, mais le grattage peut causer des plaies. Ne traitez rien vous-même : seul le vétérinaire distingue une mucinose d’une infection ou d’une allergie.

La fièvre du Shar-pei (SPAID)

C’est le point le plus délicat : les connaissances évoluent et les sources se contredisent sur des détails. Voici l’essentiel, prudemment.

De quoi s’agit-il ?

La fièvre familiale du Shar-pei est une maladie héréditaire et inflammatoire : des poussées de fièvre sans cause infectieuse, le chien semblant en bonne santé entre deux crises. Les chercheurs parlent aujourd’hui de SPAID (Shar-Pei autoinflammatory disease), qui regroupe cinq signes liés à la même région du génome : la fièvre, l’arthrite, l’otite, la « hyaluronose » à vésicules (la mucinose) et l’amylose.

  • 🌡️ la crise : fièvre de 40 à 42 °C, chien abattu, parfois jarret gonflé, chaud et douloureux (dans 40 à 50 % des cas selon un article de revue), boiterie ou abdomen douloureux ;
  • ⏳ la durée : la fièvre retombe d’elle-même, en 12 à 36 heures pour le Cercle des Amis du Shar Pei (une association française) et le guide américain, en un à trois jours pour l’article du Point Vétérinaire (2006) ;
  • 👶 l’âge : surtout chez le jeune chien, avec des crises qui tendent à s’espacer avec l’âge.

D’où vient-elle, et quelle fréquence ?

La même duplication d’ADN près du gène HAS2, qui crée l’excès de mucine et les plis, est associée à la fièvre : plus il y a de copies, plus le risque augmente. Un second gène, MTBP, a été mis en évidence en 2017. Des tests mesurent ce nombre de copies (laboratoires d’Uppsala, en Suède, et du Colorado, aux États-Unis) ; un test indique un risque, pas si une fièvre donnée est une crise.

Les chiffres divergent beaucoup : 23 à 28 % des Shar-pei aux États-Unis dans un article de 2006, mais 3,03 % dans l’étude britannique de 2013, qui compte les diagnostics posés en clinique. Un mémoire vétérinaire belge (Liège, 2020) estime la maladie sous-diagnostiquée.

La complication à connaître : l’amylose

L’amylose est un dépôt de protéines anormales (l’amyloïde), surtout dans les reins, qui peut mener à une insuffisance rénale. Un article de 2006 chiffrait à 25 à 50 % la part des chiens à fièvre touchés, avec d’anciennes données américaines ; le guide du club américain précise qu’une fièvre augmente le risque sans le garantir. Dans l’étude britannique, les troubles des reins sont la deuxième cause de décès connue (13,24 % des 136 décès dont la cause est connue, après les tumeurs à 15,44 %).

Que faire ?

  • 📞 devant une fièvre, un chien abattu ou un jarret gonflé, appelez votre vétérinaire le jour même : d’autres maladies graves donnent de la fièvre, et lui seul peut les écarter ;
  • 🚫 ne donnez aucun médicament de votre pharmacie ni de celle d’un proche : plusieurs sont dangereux pour le chien ;
  • 📝 notez la date, la température, le jarret et le comportement : cela aide au diagnostic ;
  • 💧 les sources décrivent un suivi des urines et du sang pour surveiller les reins ; votre vétérinaire en fixe le rythme, et une soif très augmentée doit vous alerter ;
  • 🧘 le stress peut déclencher des crises (association française, guide américain) : évitez les changements brusques ;
  • 🛑 un chien dont les fièvres sont confirmées ne doit pas être reproduit.

Ce que nous ne savons pas : la page de l’association française date de 2014 et l’article de revue de 2006, donc des données anciennes ; nous n’avons trouvé aucun chiffre français récent. Votre vétérinaire a le dernier mot.

Les autres points cités par les sources

D’autres problèmes reviennent dans les pages lues, parfois sans aucun chiffre :

  • 🦴 hanches, coudes, rotules : la dysplasie et la luxation de la rotule sont citées, et le Kennel Club place les tests de hanche et de coude parmi ses « meilleures pratiques ». Nous n’avons trouvé aucune fréquence ;
  • 🎈 torsion d’estomac : une urgence décrite par le guide du club américain (partie 7) ;
  • 🍽️ mégaœsophage congénital (un œsophage dilaté, qui provoque des régurgitations après les repas) et hypothyroïdie (thyroïde peu active) : deux pages les citent, sans chiffre ;
  • 🎗️ tumeurs : première cause de décès connue dans l’étude britannique (15,44 % des 136 décès dont la cause est connue) ; faites examiner toute boule qui apparaît ou grossit ;
  • ⚖️ surpoids : jugé très fréquent par le guide du club américain (partie 7).

Côté bouche, le standard de la FCI classe parmi les défauts éliminatoires une lèvre inférieure enroulée qui gêne l’occlusion : demandez à l’éleveur de vous montrer la bouche des parents.

Espérance de vie : ce que disent les sources

Source Ce qu’elle donne
Tableau 2024 du Dogs Trust (association britannique), 4 326 Shar-pei dont 2 028 décès 10,6 ans de médiane (entre 10,3 et 10,9) ; 12,0 ans pour les chiens croisés du même tableau
Kennel Club et PDSA « Plus de 10 ans »
Pages d’information sur la race 8 à 12 ans
Étude VetCompass de 2023 (190 décès en 2013) Âge médian au décès : 7,28 ans, ce qui n’est pas une espérance de vie (seuls les chiens morts cette année-là sont comptés)

Retenez environ 10 à 11 ans, soit un an et demi de moins que les croisés du même tableau : un ordre de grandeur, pas une promesse. Notre article Espérance de vie du chien donne les leviers communs à toutes les races.

Les dépistages à demander en France

📋 Nous n’avons pas pu lire la fiche de la Société centrale canine (SCC, qui tient le registre des chiens de race) ni le site du Shar-Peï Club de France : nous ne pouvons donc pas dire ce qu’ils recommandent officiellement. Le dossier d’engagement de la Nationale d’élevage 2025 du club propose toutefois une campagne de prélèvements pour les tests SPAID et POAG/PLL (48 € pour un membre, 62 € sinon) et un test de caractère. Voici ce que vous pouvez demander à un éleveur :

Dépistage Existe-t-il ? Ce que vous pouvez demander
SPAID (maladie auto-inflammatoire, dont la fièvre) Oui, test ADN du nombre de copies de la duplication près du gène HAS2 (depuis 2016) Le résultat écrit des deux parents, qui indique un risque et non une garantie
POAG/PLL (glaucome et luxation du cristallin) Oui, test ADN (gène ADAMTS17) Le résultat des deux parents, car un chien porteur peut paraître sain
Examen des yeux Oui, par un vétérinaire spécialiste des yeux Un certificat récent pour les deux parents (minimum conseillé par le Kennel Club), sans entropion
Hanches et coudes Oui, par radiographie Les résultats des parents (meilleure pratique pour le Kennel Club)
Reins et amylose Aucun test génétique de l’amylose elle-même Les antécédents de la lignée : fièvres, jarrets gonflés, maladies des reins, décès jeunes
Peau, oreilles, plis Pas de test : un simple examen visuel Des parents adultes aux plis limités, sans infections répétées

✅ Un éleveur sérieux répond sans gêne, documents à l’appui ; « mes chiens n’ont jamais rien eu », sans papier, doit vous alerter. Un laboratoire français propose le test POAG/PLL dans un bilan génétique à 168 € (novembre 2026), mais sa page ne cite pas le test SPAID.

Vaccins, vermifuge, parasites et visite annuelle

💉 Le suivi de base est le même que pour tout chien :

👀 Pour cette race, profitez de la visite pour faire contrôler les yeux, les oreilles, les plis, la peau, les dents et le poids, et demandez si un suivi des reins (analyses d’urine et de sang) a du sens pour votre chien, et à quel rythme. Votre vétérinaire fixe le calendrier qui convient.

Quand consulter ?

Ce que vous observez Que faire
🚨 Ventre gonflé et dur, haut-le-cœur sans rien vomir, agitation, bave Urgence immédiate : appelez votre vétérinaire ou le service de garde (torsion d’estomac possible)
🚨 Halètement intense qui ne s’apaise pas, langue rouge vif, démarche chancelante, gencives pâles ou bleutées Urgence (coup de chaleur) : rafraîchissez et partez, voir Coup de chaleur chez le chien
👁️ Œil rouge, qui coule, qui reste fermé ou que le chien frotte Vétérinaire le jour même (la cornée peut être atteinte)
🌡️ Fièvre, abattement, jarret gonflé et chaud, boiterie Vétérinaire le jour même, sans médicament de votre armoire
🚰 Soif et urines très abondantes, perte d’appétit, vomissements, amaigrissement Vétérinaire rapidement (reins)
👂 Tête secouée, oreille qui sent mauvais ou qui coule, douleur au toucher Vétérinaire dans les jours qui suivent, sans coton-tige ni remède maison
🧴 Pli rouge, humide ou malodorant, grattage, croûtes, vésicules qui suintent Vétérinaire dans les jours qui suivent
😴 Ronflement fort, souffle bruyant au repos, essoufflement rapide En parler à votre vétérinaire à la prochaine visite, ou plus tôt si cela s’aggrave

☎️ En cas de doute, appelez votre vétérinaire : il vous dira s’il faut venir tout de suite.

7. Alimentation et croissance du Shar-pei

Les grands principes

🍲 Le Shar-pei n’a pas de régime spécial : comme tout chien de taille moyenne, il lui faut un aliment complet, adapté à son âge, à son poids et à son activité.

🧐 À notre connaissance, aucune étude ne montre qu’une croquette précise protège sa peau, ses yeux ou ses oreilles : méfiez-vous des promesses. L’allergie alimentaire existe, mais le guide du club américain la place après les allergies aux éléments de l’air, aux puces et au contact.

📖 Pour choisir, lisez notre guide Comment choisir les croquettes de votre chien. Demandez conseil à votre vétérinaire.

Le chiot

🐶 Pour un chiot qui pèsera 20 à 27 kg adulte :

  • 🍽️ plusieurs petits repas par jour, avec des croquettes pour chiot adaptées à sa future taille ;
  • 📏 une quantité qui suit l’étiquette du produit et les conseils du vétérinaire, sans suralimentation ;
  • ⚖️ une pesée régulière : une croissance qui ralentit, une soif inhabituelle ou des régurgitations après les repas justifient un avis (reins, œsophage, partie 6) ;
  • 🚫 pas de changement brutal d’aliment, sauf avis du vétérinaire.

📖 Notre article Croquettes chiot : comment choisir (âge, taille, quantité) explique le choix et le passage à l’aliment adulte.

L’adulte

⚖️ Le poids : le guide du club américain juge l’obésité « très fréquente » chez le Shar-pei, et nous avons vu en partie 5 que le surpoids aggrave l’essoufflement.

  • ✋ passez les mains sur ses côtes : elles doivent se sentir sans effort, sans être saillantes ;
  • 📅 pesez-le tous les mois, et ajustez la ration avec votre vétérinaire si la courbe monte ;
  • 🧥 sa peau ample peut masquer quelques kilos en trop : fiez-vous aux côtes et à la balance.

Voyez Gestion du poids chez le chien.

🍴 Les repas : le guide du club américain conseille deux repas par jour, d’un aliment bien toléré. Pour limiter le risque de torsion d’estomac (partie 6), il recommande aussi des repas plus petits et plus fréquents et de limiter l’eau et la nourriture juste après l’effort ; votre vétérinaire adaptera ces conseils à votre chien. Si le vôtre avale sa gamelle en quelques secondes, lisez Mon chien mange trop vite : la gamelle anti-glouton, ça marche ?

💧 L’eau : de l’eau fraîche en permanence. Une soif qui augmente nettement mérite un avis vétérinaire (reins).

🩺 Si une maladie des reins est diagnostiquée, seul votre vétérinaire choisit le régime qui convient : n’en changez pas de vous-même.

🚫 Les aliments à éviter : raisin, chocolat, oignon, ail… Votre vétérinaire peut vous remettre la liste complète des aliments toxiques.

La peau qui gratte

🐾 Si votre chien se gratte souvent, ne changez pas de croquettes au hasard : vous risquez de perdre des semaines sans comprendre la cause. Seul le vétérinaire peut dire si l’alimentation est en cause, par un régime d’élimination long et rigoureux, sans friandise ni restes pendant toute sa durée (voir aussi les allergies, partie 6).

Le senior

🧓 Avec l’âge, les reins, les yeux, les articulations et les dents demandent plus d’attention. Votre vétérinaire peut proposer des visites plus fréquentes, avec des analyses, et l’alimentation peut changer.

Friandises et mastication

  • 🍪 les récompenses servent surtout à l’éducation : choisissez de toutes petites friandises et déduisez-les de la ration ;
  • 🦴 pour mâcher, choisissez des friandises adaptées à sa taille et surveillez-le pendant qu’il mâche.

8. Entretien du Shar-pei

Un poil court, rêche, à brosser chaque semaine

Brosse pour chien à manche en bois orangé et à poils naturels clairs, présentée seule sur fond blanc, les poils dirigés vers la droite

Pour le poil court et dur du Shar-pei : une brosse douce, passée sans appuyer, une fois par semaine.

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🧹 Côté poil, le Shar-pei est facile :

  • 🦁 le poil est court, dur et hérissé, sans sous-poil (standard de la FCI), et il n’a pas besoin de toilettage ;
  • 🍃 les pages ne s’accordent pas sur la mue : le Kennel Club écrit que le poil mue, d’autres pages disent que le chien perd peu ;
  • 📅 le rythme conseillé est le même partout : un brossage par semaine (PDSA, Kennel Club), plus souvent pendant la mue.

Choisissez une brosse douce et passez-la sans appuyer : la peau du Shar-pei est sensible, et le Dr Prélaud décrit une peau fragile qui peut se déchirer dans certaines formes de mucinose. Profitez-en pour regarder la peau (rougeurs, croûtes, boutons, boules) et pour habituer votre chien à être manipulé.

Les plis : le soin le plus important

C’est le point sur lequel toutes les pages s’accordent : les plis doivent rester propres et secs (PDSA). Une bonne routine tient en quelques gestes :

  • 👀 regardez les plis du visage, des joues, du cou et du garrot, la base de la queue : odeur, rougeur, humidité, poils collés ;
  • 💧 si c’est sale, nettoyez doucement avec une compresse propre humidifiée d’eau tiède, sans frotter, un pli après l’autre (une compresse neuve par zone) ;
  • 💨 séchez à fond avec une compresse ou un linge propre et sec : c’est l’humidité qui entretient l’irritation ;
  • 👄 le guide du club américain cite en particulier les plis de la lèvre inférieure ; séchez aussi après la pluie, une baignade ou un bain.

⭐ Notre repère : un coup d’œil chaque jour chez le chiot, très plissé, puis régulièrement chez l’adulte, et un nettoyage dès que le pli est sale ou humide (les pages disent « régulièrement » sans rythme précis). Évitez les produits pour humains (lingettes parfumées, alcool) et les remèdes maison ; si le vétérinaire prescrit un shampoing ou des lingettes, suivez ses consignes. Un pli rouge, qui sent mauvais ou qui suinte doit être vu (partie 6).

Le bain

  • 🛁 la PDSA le dit rarement nécessaire, parce que le chien est propre ; une autre page parle d’une douche environ une fois par mois, avec séchage soigneux des plis ;
  • 📌 notre guide sur le brossage et le lavage retient un repère de un à trois mois pour un chien en bonne santé : voyez Brosser et laver son chien à la maison ;
  • 🧴 utilisez un shampoing pour chien, rincez très bien et séchez les plis ; en cas de problème de peau, c’est le vétérinaire qui choisit le shampoing.

Les yeux

👀 Regardez les yeux chaque jour : ils doivent être clairs et ouverts, sans cils ni poils qui touchent l’œil, et sans écoulement. Seul un peu de matière sèche dans le coin se retire avec une compresse propre humidifiée d’eau tiède, un œil après l’autre.

🚨 Un œil rouge, qui coule, qui reste fermé ou que le chien frotte : vétérinaire (partie 6). Ne mettez ni collyre ni lotion sans avis, et ne coupez jamais vous-même les poils près de l’œil.

Les oreilles

  • 👀 regardez-les chaque semaine : odeur, rougeur, écoulement ;
  • 🧻 essuyez seulement l’extérieur avec un linge propre ;
  • 🩺 faites-vous montrer par votre vétérinaire quel nettoyant utiliser, à quel rythme et comment : avec un conduit étroit, tous les gestes ne sont pas possibles à la maison ;
  • 🚫 pas de coton-tige, pas de remède maison.

Dents, griffes et matériel

  • 🦷 Dents : brossage régulier avec une brosse et un dentifrice pour chien, idéalement chaque jour (voir le Soin des dents du chien) ;
  • 💅 Griffes : coupez-les si elles ne s’usent pas ;
  • 🦺 Harnais : préférez un harnais bien ajusté à un collier qui serre le cou, et vérifiez après chaque sortie que les sangles ne frottent pas les plis de la poitrine et du cou (voir Quel harnais choisir pour son chien) ;
  • 🧸 Manipulation : habituez-le très tôt, avec des friandises, à se laisser toucher la face, les plis, les oreilles et les pattes. Le club suédois note que sa réserve rend parfois l’examen difficile.

9. Le Shar-pei avec les enfants et les autres animaux

Avec les enfants

Les avis sont partagés. La PDSA ne le recommande pas avec de jeunes enfants et le juge plus adapté à des enfants plus âgés, bien sociabilisés et supervisés, alors que d’autres pages le décrivent patient et gentil avec eux. Nous n’avons trouvé aucune étude sur la question. Deux éléments invitent à la prudence :

  • 📊 l’étude britannique relève 3,97 % de morsures et 5,23 % d’agressivité diagnostiquées dans l’année (partie 4) ;
  • 🧐 le guide du club américain le décrit sensible et peu tolérant à la contrainte physique.

Notre avis, qui est du bon sens : un chien réservé, qui n’aime pas toujours être manipulé, s’entend mieux avec des enfants calmes et respectueux qu’avec un tout-petit qui l’attrape. Quelques règles :

  • 🛏️ le chien a un coin à lui (panier, enclos) où personne ne le dérange ;
  • 👶 jamais de chien seul avec un jeune enfant, même gentil ;
  • 🧐 apprenez aux enfants à caresser doucement, sans tirer sur la peau, les oreilles ou la queue, à ne pas le déranger quand il mange ou dort, et à reconnaître les signaux d’inconfort (il détourne la tête, se lèche les babines, s’éloigne).

Lisez Chien et enfants : les règles de base pour une cohabitation sereine.

Avec les autres chiens

Plusieurs pages le disent peu tolérant avec les chiens qu’il ne connaît pas. Une sociabilisation précoce avec des chiens adultes équilibrés est recommandée par la PDSA. Présentez-lui les autres chiens à son rythme, sur terrain neutre et en laisse, en le laissant s’éloigner s’il le souhaite.

Avec les chats et les petits animaux

La PDSA signale un fort instinct de chasse qui le rend peu adapté aux petits animaux. Pour les chats, nous n’avons trouvé aucune donnée fiable : tout dépend de l’âge de la rencontre, de la sociabilisation et de la patience. Prévoyez des présentations progressives et des refuges en hauteur pour le chat : voyez Cohabitation chien et chat.

10. Adopter un Shar-pei : choisir, prix d’achat et budget

Refuge ou éleveur ?

Nous n’avons trouvé aucun chiffre sur le nombre de Shar-pei dans les refuges, mais la PDSA suggère d’envisager l’adoption d’un adulte. Un adulte a un avantage pour cette race : ses yeux, sa peau et son caractère sont déjà visibles. Son passé, lui, est souvent inconnu : faites-le examiner par un vétérinaire dès les premiers jours. Lisez notre guide Adopter un chien : refuge, association, éleveur, comment choisir ?

À la SPA (Société protectrice des animaux), l’adoption d’un chien adulte coûte 275 € et celle d’un chiot de moins de 6 mois 365 € (page consultée en novembre 2026), identification, vaccination et stérilisation comprises.

Les règles légales en France

  • 📅 Un chien ne peut être cédé que s’il a plus de huit semaines (article L214-8 du Code rural et de la pêche maritime), et il doit être identifié (puce ou tatouage) avant la cession, comme le rappelle notre guide d’adoption.
  • 📄 Vous recevez une attestation de cession et un certificat vétérinaire, et vous signez le certificat d’engagement et de connaissance des besoins de l’animal, délivré au moins sept jours avant la cession.
  • 📜 Le mot « de race » n’est permis que pour un chien inscrit à un livre généalogique reconnu, en France le Livre des origines français (LOF). Sans papiers, le chien est « d’apparence Shar-pei ». Les animaleries ne peuvent plus céder de chiens depuis le 1er janvier 2024.
  • ✅ Le Shar-pei n’est ni de catégorie 1 ni de catégorie 2 : l’arrêté du 27 avril 1999 et la page du ministère de l’Agriculture du 23 juillet 2026 ne le citent pas. Aucun permis de détention n’est nécessaire. Voyez Chiens de catégorie 1 et 2.

Type « viande », « ours » : que disent les sources sur le choix d’un éleveur ?

À notre connaissance, aucune étude lue ne compare chiffres à l’appui la santé des différents types. Mais les sources vont dans le même sens :

  • 📋 le standard de la FCI demande, chez l’adulte, des plis limités au garrot et à la base de la queue, des yeux sans entropion et un poil de 2,5 cm au plus ; il élimine toute modification artificielle des lèvres et des paupières ;
  • 📊 les auteurs de l’étude britannique de 2023 jugent la sélection du type « meat mouth », plus plissé et plus lourd, préoccupante, et concluent que plusieurs problèmes graves sont liés à la morphologie extrême actuelle ;
  • 🇸🇪 le club suédois associe une peau trop épaisse au risque de SPAID, et préfère des yeux moins enfoncés ;
  • 🧑‍⚕️ un guide d’achat publié sur drjwv.com, dont l’auteur n’est pas nommé, déconseille de choisir le chiot le plus plissé, car il aurait plus de risques de problèmes d’yeux et de peau, et d’acheter sur un coup de tête ;
  • 🇬🇧 le Kennel Club classe la race en catégorie 2 de sa liste de vigilance (paupières mal placées, dermatite des plis, lèvre serrée) et écrit que les éleveurs actuels ont cherché à réduire l’excès de plis et les problèmes d’yeux.

⭐ Notre lecture : cherchez des parents adultes aux plis limités, aux yeux dégagés et à la peau saine, et méfiez-vous d’un argument de vente fondé sur « plus de plis », un poil long dit « ours » (défaut grave pour la FCI) ou une couleur « rare ». Un type moins extrême peut réduire les risques ; aucune source ne dit qu’il les supprime.

Les questions à poser à l’éleveur

  • 🧬 Quels sont les résultats écrits des tests SPAID et POAG/PLL des deux parents ?
  • 👁️ Les parents ont-ils un certificat d’examen des yeux récent ? Des chiots de cette portée ou de portées précédentes ont-ils été opérés des paupières ou « tackés », et pourquoi ?
  • 🌡️ Des chiens de la lignée ont-ils eu des fièvres récurrentes, des jarrets gonflés, des maladies des reins ou sont-ils morts jeunes ?
  • 🧴 Puis-je voir les parents adultes : plis, peau, oreilles, yeux ? Ont-ils eu des infections de la peau ou des oreilles à répétition ?
  • 🦴 Les hanches et les coudes ont-ils été dépistés ?
  • 🏠 Puis-je voir la mère (et le père s’il est présent) et le lieu de vie des chiots ? Quel est le caractère des parents avec les inconnus ?
  • 🛍️ Quelle sociabilisation et quelle manipulation les chiots ont-ils reçues, quels papiers me remettrez-vous, avec quelle garantie écrite, et que prévoyez-vous si je ne peux plus le garder ?

Méfiez-vous des annonces sans numéro de portée, des chiots proposés sans visite et des prix très bas ; notre guide d’adoption détaille les signaux d’alerte. Pour confronter vos attentes à votre quotidien, essayez notre page Quel chien choisir ? 30 races notées selon votre situation.

Combien coûte un chiot Shar-pei ?

Voici ce que nous avons relevé en novembre 2026 :

Ce que l’on lit Fourchette
Annonces d’élevages inscrits au LOF, 7 annonces chiffrées sur 28 sur une plateforme De 1 100 à 1 600 €, la moitié environ à 1 300 € ou moins (notre calcul)
Chiot LOF, page spécialisée (novembre 2025) Mâle 1 200 à 1 400 €, femelle 1 400 à 1 600 € (le texte de la même page parle aussi de 800 à 1 500 €)
Lignée d’exposition ou de reproduction (même page) 1 600 à 1 800 €
Chiot d’un élevage sérieux (une autre page) 2 000 € ou plus

Il faut donc compter 1 100 à 1 600 € pour un chiot LOF de compagnie, et 1 600 à 2 000 € et plus pour certaines lignées, d’après les annonces et les pages spécialisées relevées. Sur les 7 annonces chiffrées, les trois plus chères mettent en avant une couleur (« lilac ») ou une « lignée bleue » : rappelez-vous que la couleur n’est jamais un gage de santé. À titre de repère, notre fiche Dogue de Bordeaux donne 1 200 à 2 000 €, soit du même ordre.

Le budget d’une année

Voici notre estimation (novembre 2026), hors achat et hors équipement, calculée à partir des prix de notre article Combien coûte un chien ? Le vrai budget sur une année :

Poste Par an
Nourriture (chien de taille moyenne) 520 à 700 €
Vétérinaire courant (visite annuelle avec rappel, vermifuge, puces et tiques) 200 à 400 €
Autres (éducation, jouets, produits d’entretien, garde) 250 à 600 €
Total hors assurance 970 à 1 700 €
Assurance santé (facultative) 140 à 530 €
Total avec assurance 1 110 à 2 230 €

Ce sont des estimations, pas des prix officiels (une page spécialisée annonce 1 100 à 1 200 € par an d’entretien, dans le bas de notre fourchette). Surtout, elles ne comprennent pas les frais de santé que la race rend probables : nous n’avons trouvé aucun prix fiable pour l’opération d’un entropion, les soins répétés des oreilles ou de la peau, ni pour une fièvre du Shar-pei. Prévoyez une épargne de précaution.

Et l’assurance santé ?

Elle n’est pas obligatoire, mais elle est à étudier : yeux, peau et oreilles donnent lieu à des frais fréquents. Point d’attention : les deux assureurs partenaires, Santévet et Assur O’Poil, excluent les maladies héréditaires ou congénitales, comme le montre notre comparatif. Vérifiez ce qui est couvert pour un entropion, une fièvre du Shar-pei ou une maladie des reins, et souscrivez avant la première urgence. Lisez Comparatif assurance chien : Santévet ou Assur O’Poil ? (nous sommes partenaires des deux, et pouvons être rémunérés sans surcoût pour vous).

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✅ FAQ

❓ Quelle est la taille et le poids d’un Shar-pei ?

Le standard de la FCI donne 44 à 51 cm au garrot (46 à 51 cm pour le Kennel Club) et aucun poids. Un adulte pèse le plus souvent 20 à 27 kg, les femelles étant plus légères (20,8 kg en moyenne contre 23,5 kg pour les mâles dans l’étude britannique). Certaines pages donnent 18 à 25 kg (partie 2).

❓ Que signifient « meat mouth », « bone mouth » et « bear coat » ?

Ce ne sont pas des termes du standard. Le « meat mouth » est un type américain plus plissé et plus lourd, dont les auteurs de l’étude britannique jugent la sélection préoccupante ; le « bone mouth » est le type d’origine, moins plissé ; le « bear coat » est un poil de plus de 2,5 cm, défaut grave pour la FCI. Aucune étude lue ne compare leur santé chiffres à l’appui : jugez les parents, pas l’étiquette (partie 10).

❓ Le Shar-pei est-il agressif ou dangereux ?

Le standard décrit un chien calme et indépendant, réservé avec les inconnus, et écarte les chiens agressifs ou peureux. Dans l’étude britannique, 5,23 % des Shar-pei ont reçu un diagnostic d’agressivité dans l’année (7,97 % des mâles, 2,36 % des femelles) : la sociabilisation précoce compte donc beaucoup. Il n’est ni de catégorie 1 ni de catégorie 2 (partie 10).

❓ Est-il facile à éduquer ? Convient-il comme premier chien ?

Il est intelligent mais indépendant, parfois têtu, et plusieurs pages le jugent plus adapté à un maître expérimenté. Nous le déconseillons comme premier chien sans accompagnement : il demande un éducateur aux méthodes douces, le suivi des plis, des yeux et des oreilles, et un budget santé confortable (partie 4).

❓ Le Shar-pei peut-il rester seul ?

La PDSA conseille de ne jamais le laisser seul plus de 4 heures, sous peine d’anxiété de séparation. Habituez-le progressivement à de courtes absences ; si vous êtes absent toute la journée, tous les jours, ce n’est probablement pas le bon chien (partie 4).

❓ Peut-il vivre en appartement ?

Oui, à condition de sorties quotidiennes (environ une heure) et d’un coin frais en été : il est calme, et la PDSA ne le dit pas réputé pour aboyer. Prévenez vos voisins pendant les premiers mois (partie 5).

❓ Perd-il ses poils ? Est-il hypoallergénique ?

Son poil est court, sans sous-poil, et un brossage hebdomadaire suffit. Les pages ne s’accordent pas sur la mue (le Kennel Club écrit qu’il mue, d’autres disent qu’il perd peu). « Perd peu » ne veut pas dire « hypoallergénique » : aucune étude lue ne montre qu’une race soit sans risque pour les allergiques. Passez du temps avec un chien de la race avant de vous décider et demandez l’avis de votre médecin.

❓ Le Shar-pei supporte-t-il la chaleur ?

Les sources divergent : le guide du club américain dit qu’il la supporte mal, Science for Animal Welfare juge ses difficultés respiratoires moins fréquentes et moins graves que chez les races au museau très court. Par prudence, sortez-le tôt et tard, donnez de l’eau fraîche, cherchez l’ombre, ne le laissez jamais en voiture et gardez-le mince. Halètement intense, bave épaisse ou gencives bleutées : urgence (partie 5).

❓ Qu’est-ce que la fièvre du Shar-pei ?

C’est une maladie héréditaire et inflammatoire, rattachée au SPAID : des poussées de fièvre (40 à 42 °C), parfois avec un jarret gonflé, qui retombent d’elles-mêmes. Sa complication grave est l’amylose des reins. Sa fréquence varie de 3 % (Royaume-Uni, 2013) à 23 % (États-Unis, articles anciens). Devant une fièvre, appelez votre vétérinaire le jour même, sans médicament de vous-même (partie 6).

❓ Pourquoi les yeux de mon Shar-pei coulent ou rougissent-ils ?

Le trouble le plus souvent diagnostiqué dans l’étude britannique est l’entropion, une paupière qui se retourne et frotte la cornée : 17,88 % des Shar-pei en 2013. Conjonctivite et ulcère sont aussi possibles. Un œil rouge, qui coule ou qui reste fermé demande une consultation le jour même, sans collyre ni lotion (partie 6).

❓ Comment nettoyer les plis, et à quelle fréquence ?

Gardez-les propres et secs : nettoyez doucement avec une compresse propre humidifiée d’eau tiède, puis séchez à fond. Les sources ne donnent pas de rythme précis ; notre repère est un coup d’œil quotidien chez le chiot et régulier chez l’adulte. Une odeur, une rougeur ou un suintement doivent être vus par le vétérinaire (partie 8).

❓ Pourquoi mon Shar-pei a-t-il souvent des otites ?

Ses petites oreilles cachent un conduit étroit qui retient l’humidité et les levures : 16,36 % des Shar-pei ont eu une otite externe en 2013. Pas de coton-tige ni de remède maison : demandez à votre vétérinaire le nettoyant et le rythme qui conviennent (parties 6 et 8).

❓ Quelle est l’espérance de vie d’un Shar-pei ?

Le tableau 2024 du Dogs Trust donne une médiane de 10,6 ans (entre 10,3 et 10,9), contre 12,0 ans pour les croisés ; le Kennel Club et la PDSA disent « plus de 10 ans ». C’est un ordre de grandeur, pas une promesse (partie 6).

❓ Quels tests demander à l’éleveur ?

Demandez les résultats écrits des deux parents pour le test ADN SPAID et le test POAG/PLL, un certificat d’examen des yeux récent et, si possible, les résultats des hanches et des coudes. Nous n’avons trouvé aucun test génétique de l’amylose elle-même : interrogez l’éleveur sur les fièvres et les maladies des reins de la lignée (partie 6).

❓ Est-il bon avec les enfants et les autres animaux ?

La PDSA ne le recommande pas avec de jeunes enfants, d’autres pages le jugent patient : il peut convenir à des enfants calmes et respectueux, jamais sans surveillance. Il est peu adapté aux petits animaux (instinct de chasse) et peu tolérant avec les chiens inconnus (partie 9).

❓ Combien coûte un Shar-pei ?

Pour un chiot LOF de compagnie, 1 100 à 1 600 € le plus souvent en novembre 2026, jusqu’à 2 000 € et plus pour certaines lignées. Comptez ensuite 970 à 1 700 € par an hors achat et hors assurance (notre estimation), sans les frais de santé imprévus. À la SPA, l’adoption coûte 275 € (adulte) ou 365 € (chiot) (partie 10).

Races proches à comparer

Vous hésitez avec un autre chien de caractère, à la peau ample ou venu d’Asie ? Comparez :

  • Le Chow Chow : la seule autre race à la langue bleu-noir, chinoise elle aussi et réservée, mais au poil épais ;
  • Le Carlin : autre race chinoise aux plis du visage, mais petite et au museau très court, à comparer pour la respiration ;
  • Le Dogue de Bordeaux : peau ample et plis aussi, mais bien plus grand et plus lourd ;
  • L’Akita inu : un autre chien de garde asiatique, indépendant et réservé avec les inconnus, à comparer pour l’éducation.

Pour confronter ces races à votre vie quotidienne, essayez aussi notre page Quel chien choisir ? 30 races notées selon votre situation.

Conclusion

Le Shar-pei est un chien calme, fidèle et indépendant, ancien gardien chinois devenu compagnon de famille, réservé avec les inconnus mais très attaché aux siens. Il comblera des maîtres présents, patients et expérimentés, prêts à éduquer en douceur et à sociabiliser tôt. Il demande une vigilance de tous les jours sur ses plis, ses yeux et ses oreilles, de la prudence avec la chaleur et un budget santé confortable. Choisissez un éleveur transparent sur les tests et sur les parents, gardez votre chien mince et appelez votre vétérinaire au moindre doute : vous aurez un compagnon unique.

Et vous, comment se passe la vie avec votre Shar-pei ? Partagez une photo accompagnée d’un petit texte dans le réseau social de l’application MyDogSociety ou laissez un commentaire sous cet article : nous y répondrons avec plaisir.

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À lire aussi

Pour approfondir le sujet

Sources relues le 1er novembre 2026. Pages lues, classées par thème, avec leur nature entre parenthèses.

Standards et fiches de race

Santé et espérance de vie : revues vétérinaires, études et bases de données

Pages de présentation de la race, prix et entretien

Règles françaises et achat

Une précision de franchise : à notre connaissance, il n’existe pas d’étude française chiffrée sur la santé du Shar-pei. Les études citées viennent du Royaume-Uni, des États-Unis et de Suède, et les articles de revue vétérinaire française lus décrivent les maladies sans donner de fréquence française. La fiche de la Société centrale canine et les pages du Shar-Peï Club de France n’étaient pas consultables ; seuls un dossier d’engagement du club et les textes de la base de données génétiques de la SCC ont pu être lus.

Sur MyDogSociety : adopter un chien, refuge ou éleveur – le budget annuel d’un chien – le comparatif des assurances pour chien – l’espérance de vie du chien – le calendrier des vaccins – la visite vétérinaire annuelle – brosser et laver son chien – le coup de chaleur – le chien brachycéphale – la socialisation du chiot – la gestion du poids

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