Le Dogue de Bordeaux : caractère, santé, espérance de vie et prix

Introduction

Avec sa grosse tête plissée, sa peau ample et son regard grave, le Dogue de Bordeaux ne passe jamais inaperçu. Derrière cette allure de colosse se cache pourtant un chien calme, très attaché à sa famille et sans agressivité, d’après le standard officiel de la race. C’est l’un des plus anciens molosses français, et il a même failli disparaître au siècle dernier.

Cette force tranquille demande toutefois de la préparation : un chien de plus de 50 kg, une espérance de vie courte, des soins à prévoir et un budget conséquent. Dans cette fiche, nous avons vérifié chaque chiffre auprès du standard de la FCI, de la Société Centrale Canine et d’études vétérinaires. Vous saurez ainsi tout du Dogue de Bordeaux avant de lui ouvrir votre porte : histoire, taille et poids, caractère, santé, entretien, réglementation et prix.

1. Histoire et origines du Dogue de Bordeaux

Un molosse français très ancien

Le Dogue de Bordeaux fait partie des plus anciennes races françaises. Selon le standard de la FCI (Fédération Cynologique Internationale), il descend probablement des Alans, en particulier de l’« Alan vautre ». Au XIVe siècle, le comte de Foix Gaston Phébus vante déjà, dans son Livre de chasse, la morsure de ces dogues, plus tenace que celle de trois lévriers. Le mot « dogue » lui-même apparaît en français à la fin de ce siècle.

Chasseur, gardien et chien de boucher

Pendant des siècles, ces grands chiens ont été employés à toutes sortes de tâches : la chasse au gros gibier comme le sanglier, la garde des maisons et du bétail, l’aide aux bouchers, et même des combats codifiés, une pratique révolue. De nos jours, la FCI décrit l’utilisation de la race comme la garde, la défense et la dissuasion. Dans les faits, c’est surtout un compagnon de famille.

1863 : les dogues entrent dans les expositions

Au XIXe siècle, les anciens dogues sont surtout réputés en Aquitaine. En 1863, la première exposition canine française se tient au Jardin d’Acclimatation, à Paris, et les dogues y figurent déjà sous leur nom actuel. On distingue alors plusieurs types (toulousain, parisien et bordelais). C’est le type bordelais qui est à l’origine du dogue d’aujourd’hui, ce qui n’est sans doute pas étranger au nom de la race.

Un standard réécrit plusieurs fois et une race presque disparue

Les premiers standards sont rédigés à la fin du XIXe siècle (1896), puis au début du XXe (1910). Les deux guerres mondiales fragilisent la race, qui frôle même l’extinction après 1945. Elle reprend son essor dans les années 1960, grâce à des passionnés qui reconstruisent un type homogène. Le standard actuel s’appuie sur une version de 1971, reformulée en 1993 puis précisée en 2007. Le Dogue de Bordeaux est reconnu à titre définitif par la FCI depuis 1954 (standard n° 116, groupe 2).

Le grand public l’a aussi découvert au cinéma, avec le film Turner et Hooch (1989), dans lequel un dogue partage la vedette avec un policier.

Une race devenue plus rare en France

Le Dogue de Bordeaux n’est pas un chien très courant. D’après les statistiques de la Société Centrale Canine (SCC), 1 046 dogues ont été inscrits au LOF (Livre des Origines Françaises) en 2021, contre 517 en 2025, soit environ deux fois moins en quatre ans. Cette baisse invite à la patience : mieux vaut attendre une portée d’un élevage sérieux que se précipiter sur la première annonce venue.

2. Caractéristiques physiques du Dogue de Bordeaux

Un molosse trapu, puissant et athlétique

La FCI décrit le Dogue de Bordeaux comme un « molossoïde brachycéphale concaviligne », très puissant, trapu et athlétique, bâti plutôt près de terre, à l’aspect dissuasif. Son corps est un peu plus long que haut (rapport de 11 à 10 entre la longueur du corps et la hauteur au garrot). Sa poitrine est large et haute : son tour dépasse la hauteur au garrot de 25 à 35 cm. La queue, très épaisse à la racine, est portée bas. Les femelles ont les mêmes caractères que les mâles, en un peu moins marqués.

  • Origine : France (standard FCI n° 116, groupe 2, molossoïdes de type dogue).
  • Taille au garrot : de 60 à 68 cm pour le mâle, de 58 à 66 cm pour la femelle (tolérance de 1 cm en moins et de 2 cm en plus).
  • Poids : au moins 50 kg pour le mâle et 45 kg pour la femelle. Ce sont des poids minimums : le standard ne fixe pas de maximum. Selon les sources, un adulte pèse le plus souvent de 50 à 65 kg (mâle) et de 45 à 55 kg (femelle).
  • Poil : fin, court et doux au toucher.
  • Robe : unie, dans la gamme du fauve, de l’acajou à l’isabelle.

Un poids plus élevé n’est pas un gage de qualité. Pour un chien de cette taille, chaque kilo de trop pèse sur les articulations (voir la partie santé).

Portrait d'un Dogue de Bordeaux fauve au masque sombre, tête de trois quarts sur fond noir
La tête volumineuse du Dogue de Bordeaux, avec son museau court et large et ses plis du front.

Une tête massive, signature de la race

La tête du Dogue de Bordeaux est ce qui frappe en premier. Le standard la décrit comme « volumineuse, anguleuse, large, assez courte », de forme trapézoïdale vue de face. Chez le mâle, le tour de crâne est à peu près égal à la hauteur au garrot. Voici ses principaux traits :

  • Le stop (l’angle entre le front et le museau) est très marqué : il forme un angle presque droit, entre 95 et 100°.
  • Le museau est puissant, large et court : sa longueur représente entre un quart et un tiers de celle de la tête.
  • La mâchoire inférieure avance légèrement (on parle de prognathisme inférieur) : c’est un caractère de la race, et non un défaut.
  • La truffe est large, avec des narines bien ouvertes. La lèvre supérieure est épaisse et modérément pendante, ce qui explique en partie la bave.
  • Les yeux sont ovales et bien écartés, de couleur noisette à brun foncé chez les dogues à masque noir. Le regard est franc, sans que la muqueuse de l’œil ne soit apparente.
  • Les oreilles sont relativement petites, un peu plus foncées que la robe, et retombent contre la joue.

Une peau épaisse et des plis, mais pas trop

La peau du Dogue de Bordeaux est « épaisse et suffisamment ample, sans excès de rides ». Le cou, très fort, est recouvert d’une peau lâche qui forme un fanon : des plis qui descendent de la gorge jusqu’au poitrail, sans pendre exagérément. Le front et les joues se plissent aussi, surtout quand le chien est attentif.

Attention aux excès. Le standard range parmi les défauts graves les replis importants autour de la tête et les rides boursouflées derrière la truffe. Le Kennel Club britannique met de son côté en garde contre les dermatites des plis, ces irritations de la peau qui se développent là où elle reste humide. Lorsque vous choisissez un chiot, regardez donc les parents : un visage plissé, oui, mais des plis qui restent secs et sains.

Une robe unie, de l’acajou à l’isabelle

Le Dogue de Bordeaux est unicolore, dans toute la gamme du fauve : de l’acajou (un fauve foncé, rougeâtre) à l’isabelle (un fauve très clair, couleur sable). Le standard reconnaît trois types de masque, c’est-à-dire de coloration du museau :

  • Le masque noir : la truffe est noire. Le masque, souvent peu étendu, ne doit pas envahir le crâne.
  • Le masque marron : la truffe, le bord des paupières et le bord des lèvres sont marron.
  • L’absence de masque : le poil est fauve et la peau apparaît rouge (on parlait autrefois de « masque rouge »). La truffe peut être rougeâtre.

De légères charbonnures (des poils plus sombres) sont admises sur le crâne, les oreilles, le cou et le dessus du corps. Les petites taches blanches sont tolérées au poitrail et à l’extrémité des membres, mais pas au-delà. Le standard exclut en revanche les robes bringées, les robes uniformément marron dites « chocolat » et le blanc sur la tête ou sur le corps.

Dogue de Bordeaux fauve rougeâtre debout dans l'herbe, vu de profilFauve rougeâtre.
Dogue de Bordeaux fauve foncé couché sur le sol, la tête plissée et le masque sombreFauve foncé, au masque sombre.

Un molosse brachycéphale, donc une respiration à surveiller

Le standard parle de « brachycéphale », c’est-à-dire de crâne court. Il est d’ailleurs clair sur le sujet : un « essoufflement excessif » ou une « respiration rauque » sont des défauts graves. Sur notre site, nous classons le Dogue de Bordeaux parmi les races brachycéphales « intermédiaires », moins touchées que le Bulldog ou le Carlin mais tout de même sensibles à la chaleur. Pour comprendre ce que cela implique, lisez notre article sur le chien brachycéphale.

3. Tempérament et comportement du Dogue de Bordeaux

Un gardien vigilant, calme et sans agressivité

Voici comment le standard officiel résume son caractère : un chien doué pour la garde, qu’il assume avec vigilance et grand courage, mais sans agressivité. Il est aussi calme et équilibré, avec un « seuil de réaction élevé ». Autrement dit, il ne s’emballe pas pour un rien : il observe, il évalue, puis il réagit si c’est nécessaire. La Société Centrale Canine le décrit de la même façon, comme un gardien et un compagnon paisible, adapté à la vie de famille.

Un chien très attaché aux siens

« Bon compagnon, il est très attaché à son maître et très affectueux » : c’est dans le standard lui-même. Le Dogue de Bordeaux aime être près des siens, souvent tout contre eux. Cet attachement a un revers : un chien aussi lié à sa famille supporte souvent mal d’être laissé seul de longues heures. Nous en reparlons dans la partie sur l’entretien et les besoins au quotidien.

Un caractère affirmé, parfois têtu

Le standard précise que le mâle a un caractère généralement dominant. Plusieurs guides de race décrivent aussi un chien au caractère bien trempé, voire têtu, qui réclame une éducation ferme mais jamais brutale. Avec lui, la patience et la cohérence valent mieux que les rapports de force : un chien de cette corpulence ne se « corrige » pas, il se guide.

Une socialisation à commencer très tôt

C’est le point le plus important de son éducation. Un chiot de 10 kg qui saute sur les invités, tire en laisse ou grogne devant un autre chien est amusant. Le même chien à 55 kg ne l’est plus du tout. Un guide britannique de la race rappelle d’ailleurs que, sans socialisation précoce et régulière, le Dogue de Bordeaux peut se montrer agressif envers les autres chiens.

Les chiffres vont dans le même sens. Dans une grande étude du Royal Veterinary College publiée en 2026 sur les chiens géants au Royaume-Uni (dont le Dogue de Bordeaux est la race la plus représentée), l’agressivité figurait au troisième rang des troubles notés dans les dossiers vétérinaires : 5,6 % des chiens géants, contre 2,2 % pour l’ensemble des chiens. Ce chiffre concerne tous les chiens géants et non le Dogue de Bordeaux seul, mais il rappelle qu’un grand gabarit demande une éducation sérieuse.

Dès l’arrivée de votre chiot, habituez-le calmement à la vie dehors : rencontres variées (adultes, enfants, chiens équilibrés), bruits de la rue, voiture, manipulations chez le vétérinaire. Notre article sur la socialisation du chiot vous donne la marche à suivre, étape par étape.

Chiot Dogue de Bordeaux fauve debout sur le sable, la tête levée, au coucher du soleil
Dès les premières semaines, le chiot doit découvrir calmement des personnes, des lieux et des bruits variés.
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Une éducation douce, régulière et précoce

Privilégiez les méthodes positives (récompenses, voix calme, séances courtes) et commencez tout de suite. Apprenez-lui dès les premières semaines à marcher sans tirer, à s’asseoir pour saluer, à lâcher un objet et à rester calme quand on le touche. Fixez des règles simples et gardez-les : ce que vous ne voulez pas voir chez un chien adulte de 50 kg, ne le tolérez pas chez un chiot.

Un chien pour un maître investi

Plusieurs sources vétérinaires et de races déconseillent le Dogue de Bordeaux aux personnes qui n’ont jamais eu de chien : un organisme britannique de soins aux animaux le dit expressément, et un site européen consacré aux races parle d’un chien qui demande un propriétaire expérimenté. Ce n’est pas un chien méchant, bien au contraire. Mais sa force, son caractère et sa taille demandent de l’expérience, du temps et, si possible, l’appui d’un éducateur canin dès les premiers mois.

4. Aptitudes physiques du Dogue de Bordeaux

Un athlète de puissance, pas d’endurance

Le standard décrit des allures « assez souples pour un molosse », avec un trot comme allure préférée. Le Dogue de Bordeaux est aussi « capable de grande vitesse », mais seulement sur de courtes distances. C’est un sprinter massif, pas un coureur de fond. Il aime les efforts brefs et les marches tranquilles, et il se fatigue vite si on lui impose un rythme soutenu.

Un besoin d’exercice modéré, mais quotidien

Les sources s’accordent sur un exercice modéré : la fiche de race du Kennel Club britannique indique jusqu’à une heure par jour, et une organisation vétérinaire britannique recommande un minimum d’une heure. Comptez donc deux ou trois sorties calmes, de promenade et de jeu, plutôt qu’une grande sortie sportive. La régularité compte plus que l’intensité.

Chez le chiot, la prudence s’impose : le Dogue grandit vite et son squelette est fragile. Évitez les sauts répétés, les escaliers en boucle, le jogging et le vélo avant la fin de la croissance, qui dure jusqu’à 18-24 mois chez les races grandes et géantes. Votre vétérinaire saura adapter le rythme à votre chiot.

Des activités calmes et stimulantes

Le Dogue de Bordeaux n’a pas besoin de sport intensif, mais il a besoin d’occupations :

  • de longues balades au pas, en forêt ou à la campagne ;
  • des jeux de flair (friandises cachées dans le jardin ou dans la maison) ;
  • des séances d’éducation courtes et ludiques, qui stimulent la tête ;
  • des moments de câlins et de repos, qu’il apprécie beaucoup.

Laissez de côté les sports à sauts (agility), les lancers de balle avec arrêts brusques et les longues courses par temps chaud : ils sont trop durs pour ses articulations et sa respiration.

Dogue de Bordeaux fauve rougeâtre assis de dos sur une plage, face à la mer
Des sorties calmes, sans effort intense, conviennent à ce molosse.
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Attention à la chaleur

C’est l’un des gros points faibles de la race. Dans une étude britannique publiée dans Scientific Reports (plus de 900 000 chiens suivis par des vétérinaires), le Dogue de Bordeaux avait environ 5 fois plus de risques de coup de chaleur que le Labrador. Les chiens plus lourds que la moyenne de leur race et les chiens de plus de 2 ans étaient également plus exposés.

L’été, sortez-le tôt le matin et tard le soir, emportez de l’eau, cherchez l’ombre, et ne le laissez jamais seul dans une voiture, même quelques minutes. Apprenez à reconnaître les signes d’alerte dans notre article sur le coup de chaleur chez le chien.

5. Santé et espérance de vie du Dogue de Bordeaux

Une espérance de vie courte, selon les sources

C’est la réalité la plus difficile à annoncer, et il vaut mieux la connaître avant d’adopter. Les chiffres varient d’une source à l’autre, et beaucoup reposent sur de petits échantillons :

  • Dans une étude du Royal Veterinary College (RVC) publiée en 2013 dans The Veterinary Journal, qui a suivi plus de 100 000 chiens dans des cabinets vétérinaires anglais, le Dogue de Bordeaux était, avec le Dogue allemand, l’une des deux races qui vivaient le moins longtemps : 5,5 ans d’âge médian au décès (la moitié des 21 dogues décédés dans l’étude sont morts entre 3,3 et 6,1 ans), contre 12 ans pour l’ensemble des chiens.
  • Pour les chiens géants en général, l’étude du RVC parue en 2026 donne un âge médian au décès de 8,9 ans (29 races étudiées, dont le Dogue de Bordeaux, la plus représentée), soit plus de trois ans de moins que la moyenne de l’ensemble des chiens. Les tumeurs arrivent en tête des causes de décès.
  • Les guides de race annoncent le plus souvent 5 à 8 ans. Quelques sites avancent 10 à 12 ans, sans toujours citer leurs sources.

Retenez donc une fourchette large : de 5 à 8 ans selon les sources, avec de grandes différences d’un chien à l’autre. Une vie courte ne veut pas dire une vie triste. Un chien bien suivi, mince, dans un foyer attentif, a toutes ses chances de profiter pleinement des années qu’il a devant lui. Mais cette réalité compte dans votre décision, et dans votre budget.

Dilatation-torsion de l’estomac : une urgence absolue

C’est le danger n° 1 des grands chiens à poitrine profonde. L’estomac se remplit de gaz et peut se retourner sur lui-même. Dans une étude du RVC sur les urgences vétérinaires britanniques (Journal of Small Animal Practice, 2017), le Dogue de Bordeaux faisait partie des cinq races les plus exposées, avec le Dogue allemand, l’Akita, le Setter irlandais et le Braque de Weimar. Le risque augmentait aussi nettement avec le poids du chien.

Voici les signes qui doivent vous faire appeler le vétérinaire immédiatement, de jour comme de nuit, d’après l’école vétérinaire de Cornell : tentatives de vomissement sans rien produire, bave abondante, halètement, ventre gonflé ou douloureux, agitation, gencives pâles, faiblesse. Sans prise en charge rapide, la situation est mortelle ; avec une prise en charge chirurgicale, plus de huit chiens sur dix survivent.

Pour réduire le risque, voici ce que recommandent les spécialistes :

  • répartir la nourriture en au moins deux repas par jour, jamais un seul gros repas ;
  • éviter l’exercice intense juste après le repas ;
  • freiner les gloutons avec une gamelle anti-glouton ;
  • demander à votre vétérinaire si une gastropexie préventive (une fixation de l’estomac à la paroi du ventre, parfois proposée lors d’une stérilisation) est à envisager pour votre chien.

Hanches, coudes et arthrose

Un chien lourd qui grandit vite met ses articulations à rude épreuve. Le Kennel Club britannique et une organisation vétérinaire du pays recommandent de ne faire reproduire que des chiens dont les hanches et les coudes ont été radiographiés, car les dysplasies (malformations de ces articulations) peuvent conduire à l’arthrose. Pour mieux comprendre ces maladies, lisez notre article sur la dysplasie de la hanche.

La grande étude du RVC sur l’arthrose (plus de 455 000 chiens suivis dans des cabinets britanniques) a montré que le Dogue de Bordeaux avait environ 2,8 fois plus de risques d’arthrose que les chiens croisés (le Rottweiler arrivait en tête, à environ 3,1 fois). Les chiens plus lourds que la moyenne de leur race étaient environ 2,3 fois plus souvent concernés : garder votre chien mince est donc l’un des meilleurs gestes de prévention. Si vous le voyez se lever difficilement, hésiter devant les escaliers, boiter ou éviter de sauter dans le coffre, parlez-en à votre vétérinaire. Notre article sur les astuces alimentaires pour soulager l’arthrose du chien vous donnera aussi des pistes.

Le cœur : une surveillance à ne pas négliger

Le Dogue de Bordeaux est connu des vétérinaires cardiologues. Une étude israélienne de 2013 a trouvé chez lui, parmi toutes les races du pays, la plus forte fréquence de dysplasie de la valve tricuspide et la deuxième de sténose sous-aortique (un rétrécissement présent dès la naissance, sous la sortie du cœur), deux malformations dont le mode de transmission semblait récessif. Une étude britannique de 2018 a décrit des troubles du rythme cardiaque et des signes proches de la cardiomyopathie dilatée chez des dogues adressés à des cardiologues. Ces chiens avaient déjà un problème, ils ne représentent donc pas l’ensemble de la race, mais ils montrent que le cœur mérite attention.

En pratique : demandez à l’éleveur si les parents ont passé une échographie cardiaque, faites ausculter votre chiot dès les premières visites (un souffle au cœur doit être exploré) et gardez un suivi régulier. Notre article sur la visite vétérinaire annuelle vous aidera à ne rien oublier.

Yeux et paupières

La peau lâche du visage peut entraîner des problèmes de paupières : l’ectropion (paupière inférieure qui pend et laisse voir la muqueuse rouge) ou l’entropion (paupière qui se retourne vers l’intérieur et frotte l’œil). Le Kennel Club britannique cite les paupières mal appliquées contre l’œil, tournées vers l’intérieur ou vers l’extérieur, parmi les points de surveillance de la race. Larmoiements, yeux rouges, œil qu’on frotte ou qu’on plisse : consultez sans attendre.

Peau, plis et coussinets

  • Dermatite des plis : l’humidité et les frottements irritent la peau des plis du visage. Un nettoyage et un séchage réguliers aident à les prévenir (voir la partie entretien).
  • Démodécie : cette maladie de peau, due à un petit acarien, touche surtout les jeunes chiens. Dans une étude britannique, le Dogue de Bordeaux avait environ 6 fois plus de risques que les chiens croisés d’en souffrir avant 2 ans.
  • Hyperkératose des coussinets : les coussinets s’épaississent, se fissurent et deviennent douloureux, ce qui peut gêner la marche. Elle est héréditaire (transmission récessive, liée au gène KRT16) et apparaît le plus souvent entre 10 semaines et 1 an. Un test génétique existe et permet de savoir si un reproducteur est porteur.

Respiration, ronflements et chaleur

Du fait de son museau court, le Dogue de Bordeaux peut ronfler, souffler et s’essouffler plus vite qu’un chien à long museau. Un halètement exagéré ou une respiration rauque ne sont pas normaux, le standard lui-même les range parmi les défauts graves. Parlez-en à votre vétérinaire. Les risques propres aux chiens à museau court sont détaillés plus haut.

Bien choisir son élevage pour limiter les risques

Aucun éleveur ne peut promettre un chien sans maladie, mais un éleveur sérieux réduit les risques. Demandez des justificatifs écrits des examens des deux parents : radiographies des hanches et des coudes, examen des yeux, échographie du cœur et, pour l’hyperkératose des coussinets, résultat du test génétique. Visitez l’élevage, voyez la mère, regardez les plis, la respiration et la démarche des adultes. Et ne vous fiez pas à un seul critère : aucun test ne remplace un suivi vétérinaire régulier.

6. Entretien et besoins au quotidien du Dogue de Bordeaux

Un poil ras facile à entretenir

Bonne nouvelle : le poil court, fin et doux du Dogue de Bordeaux demande peu de soins. La fiche de race du Kennel Club britannique indique un brossage une fois par semaine et précise que la race perd ses poils ; un gant en caoutchouc suffit à retirer les poils morts. Quelques bains par an, avec un shampooing doux pour chien, suffisent en général. Le gros du travail se situe ailleurs : dans les plis, les oreilles et la bave.

Plis, yeux, oreilles, dents et griffes : le rendez-vous de la semaine

  • Les plis du visage : nettoyez-les avec un chiffon doux ou une lingette adaptée au chien, puis séchez-les bien. Surveillez les rougeurs, les mauvaises odeurs et les suintements.
  • Les yeux : essuyez délicatement les sécrétions du coin de l’œil. Un œil rouge, qui pleure ou que le chien frotte demande un avis vétérinaire.
  • Les oreilles : regardez-les chaque semaine. Dans l’étude du RVC sur les chiens géants, l’otite externe fait partie des troubles les plus souvent notés (environ 8 % des chiens).
  • Les dents : brossez-les régulièrement. Avec sa mâchoire inférieure avancée, le Dogue mérite un contrôle dentaire à chaque visite chez le vétérinaire.
  • Les griffes : coupez-les si elles ne s’usent pas assez au contact du sol.

La bave, les ronflements et les petits désagréments

Soyons honnêtes : le Dogue de Bordeaux bave, et parfois beaucoup. Une organisation vétérinaire britannique prévient qu’il faut s’attendre à beaucoup de bave, et la lèvre supérieure épaisse et pendante décrite par le standard y est pour beaucoup. La bave augmente quand il a chaud, quand il boit ou quand il attend son repas. Gardez un chiffon à portée de main, lavez ses gamelles tous les jours et acceptez de retrouver des traces sur les murs, les rideaux et parfois vos vêtements. Il peut aussi ronfler et souffler bruyamment pendant son sommeil, ce qui est en général sans gravité tant que sa respiration reste fluide à l’éveil.

Une alimentation maîtrisée, du chiot à l’adulte

Chez un chiot de race géante, tout se joue pendant la croissance. D’après des vétérinaires américains, une croissance trop rapide, entretenue par des excès de calories ou de calcium, peut favoriser les déformations du squelette, l’obésité et même raccourcir la vie. Choisissez donc des croquettes pour chiot de grande race, répartissez les repas en 2 à 3 prises par jour, pesez les rations et évitez la gamelle toujours pleine. Votre vétérinaire vous aidera à ajuster les quantités à la courbe de croissance de votre chiot.

À l’âge adulte, deux repas par jour (jamais un seul gros repas, à cause du risque de torsion d’estomac) suffisent. Surveillez son poids tous les mois, car chaque kilo en trop pèse sur ses hanches, ses coudes et son cœur. Passez la main sur ses côtes : vous devez les sentir sous une fine couche de graisse. Notre article sur la gestion du poids du chien vous donnera des repères pratiques.

Un couchage épais et de la place

Un chien de cette taille a besoin d’un couchage large, épais et confortable, posé à l’abri des courants d’air et des fortes chaleurs. Un matelas moelleux ménage ses articulations quand il se couche et se relève, et il y passera de longues heures.

Dogue de Bordeaux fauve couché sur un matelas épais, la tête posée sur le bord
Un couchage large et épais ménage ses articulations.
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Côté logement, les avis divergent. La fiche du Kennel Club britannique le range plutôt parmi les chiens de « grande maison avec grand jardin ». Certaines fiches de race acceptent l’appartement s’il est vaste et si le chien sort chaque jour ; d’autres le déconseillent. Si vous habitez en étage, pensez à l’ascenseur : porter un chien de 55 kg blessé dans l’escalier est impossible.

Un chien qui supporte mal la solitude

Très attaché à ses maîtres, le Dogue de Bordeaux a besoin de contact étroit avec eux. Habituez-le tout petit à rester seul, par petites étapes, en suivant les conseils de notre article sur l’apprentissage de la solitude. Si vous êtes absent toute la journée, tous les jours, ce n’est probablement pas le bon chien pour vous.

7. Cohabitation du Dogue de Bordeaux avec les enfants et les autres animaux

Avec les enfants : doux, mais sa force demande de la vigilance

Une organisation vétérinaire britannique décrit les dogues comme de « vrais nounours », qui s’entendent généralement bien avec des enfants plus grands. Elle déconseille en revanche la race aux foyers avec de très jeunes enfants, qu’un chien aussi lourd peut faire tomber sans le vouloir. Un guide britannique de la race précise qu’il est bon avec les enfants si on les lui présente tôt.

Quelques règles de bon sens :

  • ne jamais laisser un enfant seul avec le chien, quel que soit son caractère ;
  • apprendre aux enfants à ne pas monter sur lui, le tirer, le déranger pendant qu’il mange ou dort ;
  • apprendre au chien à rester calme quand les enfants courent ou crient ;
  • respecter son besoin de repos : un chien fatigué est un chien moins patient.

Notre article sur la cohabitation entre chien et enfant détaille ces règles.

Avec les autres chiens

Le standard note que le mâle a un caractère généralement dominant : deux mâles non castrés demandent donc de la vigilance. Le Dogue de Bordeaux peut très bien vivre avec d’autres chiens s’il a été bien socialisé dès son plus jeune âge. Sans cela, il peut se montrer réservé, voire agressif envers les chiens qu’il ne connaît pas. Faites les présentations sur un terrain neutre, en laisse, puis en liberté dans un espace clos. Surveillez ses jeux avec les petits chiens : sa masse peut blesser sans qu’il en ait l’intention.

Avec les chats et les petits animaux

Aucune source sérieuse ne permet de généraliser : tout dépend du chien et de son parcours. Un chiot qui grandit auprès d’un chat s’y habitue en général plus facilement qu’un adulte qui n’en a jamais vu. Quel que soit l’âge, procédez par étapes, laissez toujours au chat une échappatoire en hauteur et ne laissez jamais les animaux seuls ensemble tant que vous n’êtes pas sûr de leur entente.

Avec les visiteurs et les inconnus

Gardien de nature, le Dogue de Bordeaux reste souvent réservé avec les étrangers. Présentez-lui les visiteurs calmement, évitez de le laisser face à des inconnus sans surveillance et prévoyez un jardin bien clos, avec une clôture haute et un portail qui se verrouille. Un chien bien socialisé sait accueillir sans s’imposer, mais un chien de cette puissance ne devrait jamais être laissé sans surveillance dans un lieu ouvert.

8. Pourquoi adopter un Dogue de Bordeaux ?

Un compagnon massif au cœur tendre

Si vous cherchez un chien spectaculaire mais paisible, attaché à sa famille, protecteur sans être agressif, le Dogue de Bordeaux a de quoi séduire. Son caractère calme et équilibré, décrit par le standard, en fait un compagnon de maison appréciable. Mais c’est un engagement lourd, au sens propre comme au figuré. Prenez le temps de peser le pour et le contre.

Il vous conviendra si…

  • vous avez déjà eu un chien de grande taille, ou vous êtes prêt à vous faire accompagner par un éducateur canin dès l’arrivée du chiot ;
  • vous êtes souvent présent (télétravail, retraite, famille nombreuse) ;
  • vous disposez d’une maison avec un jardin clos, ou d’un logement vaste et facile d’accès ;
  • vous cherchez un gardien dissuasif et calme, pas un chien sportif ;
  • vous acceptez la bave, les poils et les traces de museau sur les vitres ;
  • vous pouvez assumer un budget important et vous êtes prêt à accompagner un chien dont la vie est courte.

Il ne vous conviendra pas si…

  • c’est votre tout premier chien : plusieurs sources le déconseillent aux débutants ;
  • vous avez de très jeunes enfants à la maison ;
  • vous rêvez d’un compagnon de course à pied ou de vélo ;
  • vous êtes absent toute la journée, tous les jours ;
  • vous vivez dans une région très chaude sans pièce fraîche à lui offrir ;
  • vous n’avez pas la force physique de tenir un chien de 50 kg ou plus, ou de le porter en cas de blessure ;
  • votre budget est serré.

Une race qui n’est pas classée « chien dangereux »

Beaucoup de gens se posent la question : en France, le Dogue de Bordeaux est-il un chien de catégorie ? Non. D’après service-public.fr (page vérifiée en novembre 2025), la 1re catégorie regroupe des chiens sans pedigree qui ressemblent à l’American Staffordshire terrier (les « pit-bulls »), au Mastiff (les « boerbulls ») ou au Tosa. La 2e catégorie concerne l’American Staffordshire terrier, le Rottweiler et le Tosa avec pedigree, ainsi que les chiens sans pedigree qui ressemblent au Rottweiler. Le Dogue de Bordeaux ne figure ni dans l’une ni dans l’autre.

Attention à ne pas le confondre avec le Mastiff : ce sont deux races distinctes. Cela ne dispense de rien pour autant : comme tout chien, le vôtre doit être identifié (puce électronique ou tatouage) et enregistré au fichier national, et le maire peut imposer des mesures à n’importe quel chien jugé dangereux, quelle que soit sa race. Si vous adoptez un chien sans papiers dont la morphologie prête à confusion, parlez-en à votre vétérinaire, car une évaluation de sa morphologie peut être demandée en cas de doute sur sa catégorie. Tous les détails figurent dans notre article sur les chiens de catégorie 1 et 2.

Adopter en refuge ou en association

Avant de contacter un éleveur, renseignez-vous auprès des refuges et des associations : un dogue adulte peut y chercher une seconde chance. Posez des questions sur son passé, son comportement avec les enfants et les autres chiens, faites plusieurs promenades avec lui avant de vous décider et demandez un bilan vétérinaire (cœur, hanches, coudes). Un dogue adopté adulte n’a pas la même histoire qu’un chiot, mais il peut devenir un compagnon formidable si vous lui laissez le temps de trouver ses repères.

Des races proches à comparer

Si vous hésitez entre plusieurs molosses, comparez avec le Rottweiler, un autre gardien puissant mais classé en 2e catégorie, ou avec le Bouledogue français si vous préférez un molosse beaucoup plus petit (lui aussi brachycéphale). Prenez le temps de rencontrer plusieurs chiens adultes de chaque race avant de décider.

9. Prix d’achat et coûts d’entretien d’un Dogue de Bordeaux inscrit au LOF

Le prix d’un chiot Dogue de Bordeaux

Comptez en général entre 1 200 et 2 000 € pour un chiot inscrit au LOF, d’après les sites spécialisés consultés en octobre 2026 (certains annoncent de 1 000 à 2 500 €). Le prix varie selon :

  • la réputation et le sérieux de l’élevage ;
  • la lignée du chiot ;
  • les examens de santé réalisés sur les parents (hanches, coudes, cœur, test génétique) ;
  • les soins donnés à la portée (vaccins, vermifuges, identification).

Un prix très inférieur à ces fourchettes doit vous alerter : sans pedigree ni examens, l’économie du départ se paie souvent ensuite en frais vétérinaires. Un chiot ne peut de toute façon être cédé que s’il est identifié (le plus souvent par puce électronique).

Un mot sur l’adoption : avant de vous tourner vers un éleveur, pourquoi ne pas envisager l’adoption ? Il arrive que des chiens se retrouvent en refuge après un abandon, un déménagement ou un changement de vie. Adopter un chien permet de lui offrir une seconde chance et de lutter contre la surproduction et les trafics. Des associations peuvent vous aider à trouver le compagnon idéal.

Le budget annuel pour un très grand chien

Un Dogue de Bordeaux coûte nettement plus cher à entretenir qu’un chien moyen : il mange davantage, et ses traitements (antiparasitaires, anesthésies) sont dosés selon son poids. Prévoyez un budget d’environ 1 800 à 3 500 € par an, hors achat du chiot. Il s’agit d’une estimation que nous avons établie pour un adulte de 50 à 65 kg, en accord avec les fourchettes publiées par les guides de race (de 1 850 à 4 000 € par an selon les sites). En voici le détail :

Poste de dépense Estimation annuelle
Alimentation (croquettes de qualité pour grand chien, deux repas par jour) 900 à 1 600 €
Soins vétérinaires courants (vaccins, consultations, vermifuges et antiparasitaires dosés pour un grand chien) 350 à 700 €
Assurance santé (selon la formule et l’âge du chien) 350 à 750 €
Entretien (brosse, shampooing doux, lingettes pour les plis, nettoyage des oreilles) 60 à 150 €
Accessoires (laisse, harnais, couchage grande taille, gamelles, jouets résistants) 150 à 350 €
Éducation / activités (séances avec un éducateur, club, garde) Facultatif, mais à prévoir selon les besoins

Ces montants varient beaucoup selon les régions et les produits choisis. À titre de comparaison, une organisation vétérinaire britannique évalue à au moins 105 livres par mois, et à plus de 17 000 livres sur toute sa vie, le coût d’un Dogue de Bordeaux.

L’assurance santé : utile pour un Dogue de Bordeaux ?

C’est la question que se posent tous les futurs propriétaires d’un très grand chien. Les arguments pour une assurance santé animale sont sérieux :

  • une torsion d’estomac opérée en urgence coûte, selon les sources, de 1 500 à 5 000 € ;
  • un examen cardiaque spécialisé tourne autour de 275 € d’après un exemple publié par un assureur ;
  • les anesthésies, les radiographies et les médicaments sont plus chers pour un chien de 55 kg.

Les contrats se paient pourtant cher. Les devis relevés en octobre 2026 par un comparateur donnent en moyenne 13 € par mois pour une formule économique, 29 € pour une formule intermédiaire et 49 € pour une formule haut de gamme, toutes races confondues. Pour un très grand chien, les tarifs sont souvent plus élevés, et les cotisations montent avec l’âge (en général à partir de 7 ou 8 ans). Or avec un chien dont la vie est courte, ce calcul doit se faire dès le départ.

Avant de signer, comparez plusieurs devis et vérifiez dans les conditions générales :

  • le plafond annuel de remboursement et le taux de prise en charge ;
  • la franchise et les délais de carence ;
  • les exclusions (maladies héréditaires ou congénitales, dysplasie, affections déjà présentes à la signature) ;
  • la prise en charge de l’hospitalisation et de la chirurgie ;
  • l’âge limite d’adhésion et l’évolution de la cotisation avec les années.

Une autre solution consiste à mettre chaque mois de l’argent de côté dans un compte dédié : un assureur conseille de prévoir de 500 à 1 000 € par an pour les soins imprévus. Aucune des deux options n’est meilleure en soi : le bon choix dépend de votre situation. L’important est de ne pas découvrir, devant le vétérinaire, que vous ne pouvez pas payer les soins d’urgence.

À noter :

  • La première année coûte plus cher : matériel de grande taille, primo-vaccinations, identification, éventuelle stérilisation (à discuter avec votre vétérinaire), séances d’éducation.
  • Pensez aussi à votre véhicule : un chien adulte de plus de 50 kg demande un coffre spacieux et sécurisé.
  • Les urgences (torsion d’estomac, blessure, problème cardiaque) arrivent souvent à l’improviste. Repérez à l’avance la clinique d’urgence la plus proche de chez vous.

✅ FAQ


❓ Quel est le prix d’un chiot Dogue de Bordeaux LOF ?

Chez un éleveur sérieux, comptez le plus souvent de 1 200 à 2 000 €, et jusqu’à 2 500 € selon certains sites. Ce prix doit s’accompagner du certificat de naissance LOF, de l’identification du chiot, d’un carnet de santé à jour, des résultats des examens des parents et d’un contrat de vente écrit. Une annonce très bon marché, sans pedigree ni tests de santé, est rarement une bonne affaire.

❓ Combien de temps vit un Dogue de Bordeaux ?

Le plus souvent de 5 à 8 ans selon les sources. Une grande étude britannique a relevé un âge médian au décès de 5,5 ans, l’un des plus bas de toutes les races. Ces chiffres reposent sur de petits échantillons, donc à prendre avec prudence. Pour lui donner toutes ses chances : poids stable, suivi cardiaque, repas fractionnés et réflexe d’urgence devant un ventre gonflé.

❓ Le Dogue de Bordeaux est-il un chien dangereux, de catégorie 1 ou 2 ?

Non. En France, il ne figure ni parmi les chiens de 1re catégorie, ni parmi ceux de 2e catégorie, d’après service-public.fr. Il n’a donc pas besoin de permis de détention. En revanche, c’est un chien très puissant : une éducation sérieuse, une bonne socialisation et un propriétaire capable de le tenir en laisse restent indispensables.

❓ Peut-on avoir un Dogue de Bordeaux en appartement ?

Les avis divergent : certaines fiches l’acceptent dans un grand logement s’il sort chaque jour, d’autres le déconseillent, et le Kennel Club britannique le range parmi les chiens de grande maison avec jardin. Si vous habitez en appartement, privilégiez le rez-de-chaussée ou un immeuble avec ascenseur, prévoyez une pièce fraîche l’été et assurez-lui environ une heure de sorties par jour. Dans tous les cas, il ne doit pas vivre dehors : il a besoin de sa famille.

❓ Le Dogue de Bordeaux est-il bon avec les enfants ?

Il s’entend généralement bien avec les enfants plus grands, mais sa masse peut faire tomber un tout-petit sans qu’il le veuille, et plusieurs sources déconseillent la race dans les foyers avec de très jeunes enfants. Dans tous les cas, ne laissez jamais enfant et chien seuls ensemble, et apprenez à l’enfant à respecter le repos du chien.

❓ Un Dogue de Bordeaux aboie-t-il beaucoup ?

Les sources que nous avons consultées ne donnent aucun chiffre sur ce point. Le standard le décrit comme un gardien vigilant, calme et équilibré, qui n’est pas agressif. Comme tout chien, il aboie davantage s’il s’ennuie, s’il est seul trop longtemps ou s’il manque de sorties. Des promenades régulières, des jeux d’occupation et une éducation douce restent la meilleure réponse.

❓ Le Dogue de Bordeaux supporte-t-il la chaleur ?

Mal. Dans une grande étude britannique, il avait environ 5 fois plus de risques de coup de chaleur que le Labrador. L’été, sortez-le aux heures fraîches, laissez-lui de l’eau et de l’ombre, évitez tout effort intense, et ne le laissez jamais dans une voiture, même à l’arrêt. Si vous le voyez haleter fortement, baver, chanceler ou s’effondrer, appelez immédiatement un vétérinaire.

❓ Peut-on laisser un Dogue de Bordeaux seul ?

Quelques heures, oui, une fois qu’il y a été habitué progressivement. Toute la journée, tous les jours, ce n’est pas recommandé : c’est un chien très attaché à sa famille, qui a besoin d’un contact étroit avec elle. Si vous travaillez à l’extérieur, prévoyez un relais (famille, voisin de confiance, garde canine) dès l’arrivée du chiot.

❓ Le Dogue de Bordeaux convient-il à un premier chien ?

C’est plutôt déconseillé. Des sources vétérinaires et des sites spécialisés recommandent de le confier à un propriétaire déjà expérimenté. Si c’est tout de même votre premier chien, entourez-vous d’un éducateur canin, inscrivez-vous à des cours pour chiots et préparez-vous à un investissement important en temps et en argent.

❓ Faut-il choisir un mâle ou une femelle ?

Le mâle est plus grand (60 à 68 cm, au moins 50 kg) et, selon le standard, a un caractère généralement dominant. La femelle (58 à 66 cm, au moins 45 kg) a les mêmes caractères, en moins marqués. Chez les chiens géants en général, les femelles vivent en moyenne un peu plus longtemps (9,3 ans contre 8,5 ans pour les mâles dans l’étude britannique de 2026). Le bon choix dépend surtout de l’individu et de votre expérience.

Conclusion

Le Dogue de Bordeaux est un géant au cœur tendre : calme, attaché, protecteur, et très présent auprès de sa famille. Il demande en échange un propriétaire expérimenté, une vraie disponibilité, une socialisation précoce, un budget solide et la lucidité d’accepter qu’il vive moins longtemps que la plupart des chiens.

Si ce portrait vous ressemble, choisissez un élevage sérieux ou une association, demandez les résultats des examens de santé des parents et gardez votre vétérinaire à vos côtés, car cette fiche ne le remplace pas. Vous aurez alors toutes les chances de profiter pleinement de chaque année passée avec ce compagnon hors du commun.

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